Juin 282014
 

Il faut partir de l’évêque pour comprendre le ministère du prêtre. Les évêques sont les successeurs des apôtres et ordonnent les prêtres pour partager leur mission. Cela crée entre eux solidarité et communion d’ordre sacramentel. Tous les baptisés deviennent témoins de l’amour de Dieu mais les prêtres autour de l’évêque sont les signes visibles et les serviteurs d’une Église que Jésus construit.

Il peut y avoir dans la communauté chrétienne une grande variété de charismes et de fonctions. Le pouvoir des prêtres rattache tout au Christ en particulier par les sacrements. Il ne s’agit pas d’un privilège personnel, ce qui serait une prétention étonnante, mais d’appartenir totalement au mystère de l’Église. Avec un grand sentiment de pauvreté devant ce don gratuit reçu de l’Esprit Saint.

Le prêtre peut être vu comme un médiateur mais il n’y a que le Christ lui même qui agit par son intermédiaire. Le prêtre accueille au nom de Jésus, il donne Jésus, il envoie à Jésus. Cela il le fait réellement par la grâce de son ordination. L’évêque lui a donné pouvoir d’annoncer la Parole de Dieu, de présider l’Eucharistie avec les sacrements, et de garder le peuple de Dieu dans la fidélité et l’unité.
Le peuple de Dieu avec le pape et les évêques vit de cette structure ou plutôt de cette tradition reçu des apôtres. C’est ce que Jésus a voulu en choisissant les Douze. Devant nous, le prêtre est le signe qu’on peut voir, et qui nous donne assurance et certitude dans la foi. Cela suppose de sa part de l’accueil, de l’écoute, du discernement, de la disponibilité, de la vigilance.

Cela est d’autant plus nécessaire que le pluralisme religieux autour de nous est devenu un fait massif et demande réflexion, prière, appel à la raison et docilité à l’Église. Mais il ne s’agit pas pour le prêtre d’une intervention occasionnelle. Il a été « ordonné » d’une manière aussi définitive que le baptême ou la confirmation. Il ne peut pas dire au nom de Jésus « Ceci est mon Corps » sans engager pour toujours sa vie.

Tous les prêtres ne sont pas capables du même type de ministère. Même si l’évêque aujourd’hui ne sait pas comment remplir les vides. La vocation admet des itinéraires différents. Les papes eux mêmes ont été très différents et tous à leur manière ont construit l’Église. Comme dit un proverbe italien (je crois) « Lentement mais pas trop… » ou comme dit la devise du Pape François : « je compatis et je décide ».
Parmi vos prêtres de Sainte Odile, il y a 8, 30, 32, 39, 57, 65 années déjà de sacerdoce. Mais la grâce de leur ordination est toujours là. Nous ne sommes pas interchangeables mais c’est le même Christ que nous annonçons.

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 29 juin