Jan 022011
 

« Voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : où est le roi des juifs qui vient de naître ? » Ces mages nous intriguent, ils frappent notre imagination. Ils viennent de loin, tout auréolés des mystères de l’Orient. Dieu sait comment ils ont pu comprendre que l’étoile annonce la naissance du roi des juifs. Ils sont pourtant bien là, à Jérusalem, alarmant malgré eux le roitelet Hérode.

Après les intrigues criminelles de Jérusalem, ils connaîtront la joie grande et vraie de Bethléem : « Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui ». Ils ont marché à la lumière de l’étoile comme nous marchons à la lumière de la foi. Ils voient enfin cet Enfant Roi que nous verrons un jour dans sa splendeur. Ils se prosternent et offrent des présents de roi, car ce petit enfant est le Seigneur souverain, il tient en sa main la royauté, la puissance et l’empire.

En réalité, le véritable visiteur, celui qui vient, c’est Jésus. C’est lui qui vient faire son épiphanie, la manifestation de sa présence, comme le faisaient les rois en entrant dans une ville. Il n’est encore capable de rien dans son humanité de nourrisson, peut‑être est‑il même en train de dormir. C’est pourtant bien lui qui se manifeste, à travers ces étrangers, à toutes les nations.

Ce matin, en sortant de chez nous pour aller à la messe, nous avons pu avoir l’impression de venir au Christ, d’aller le rencontrer. C’est pourtant bien plus lui qui vient à nous. Notre déplacement est infime face à celui de l’Incarnation. Il vient manifester sa présence dans notre ville et nous nous prosternons devant lui. Nous lui offrons ce que nous avons, c’est‑à‑dire nous‑mêmes. Nous venons le reconnaître comme le Seigneur souverain, non seulement pour nous- mêmes, mais pour toutes les nations.

Nous n’avons pas été guidés par une étoile, mais appelés par les cloches. Puissions‑nous, lorsqu’elles sonnent, participer à la très grande joie des mages quand ils virent l’étoile.

Abbé Armel d’Harcourt

Lecture dominicale du 2 Janvier 2011
(Is 60,1‑6 Ps 71 Ep 3, 2
6 Mt 2,1‑12)