Fév 102018
 

Ce dimanche 11 février, nous célébrons l’anniversaire des apparitions de Notre Dame à Lourdes. Bernadette, au détour d’un creux de rochers, comme Moïse en son temps avec le buisson ardent, est prise par surprise par l’éclat surnaturel de la présence de celle qui s’appelle « l’Immaculée Conception » mais qu’elle ne connaît pas encore. Car le nom de la Belle Dame ne se dévoile pas aux simples curieux. Elle invite la pauvre enfant à venir, à voir et à demeurer en sa présence : « Voulez vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours », comme jadis son Fils Jésus le fit avec ses premiers disciples.

Cette demande, à quelques jours de notre entrée en carême est une invitation à orienter notre vie vers Dieu, à nous détourner de ce monde pour toucher avec notre cœur, déjà, l’éternité. A la grotte, Bernadette vécut alors cette rencontre unique comme une expérience lui permettant d’échapper quelques instants à ce monde au point qu’à la 17ème apparition, la flamme d’un cierge ne la brûla pas. Par cette extase mystique, elle touchait déjà l’éternité et accédait à ce lieu dans lequel seront absents les pleurs et les larmes car il n’y aura plus de mort. Et pourtant la Belle Dame lui révèle que ceci n’est pas pour ce temps : « Je ne vous promets pas le bonheur de ce monde mais de l’autre », comme pour nous rappeler à nous aussi que le bonheur terrestre n’est rien face au bonheur de la vie éternelle. La jeune fille de 14 ans qui se rend en ce matin du 11 février 1858 à la grotte de Massabielle est en effet une enfant qui souffre en raison de sa pauvreté. Et pourtant ce que déclare La Sainte Vierge à travers la révélation de son nom, « L’Immaculée Conception », c’est que le plus grand obstacle au bonheur dans nos vies c’est le péché. Voilà pourquoi la Belle Dame demandera à quatre reprises à Bernadette de prier pour les pécheurs : « Priez Dieu pour la conversion des pécheurs » et « d’embrasser la terre en signe de pénitence pour les pécheurs », en plus d’inciter à la pénitence : « Pénitence, Pénitence, Pénitence ! ».

Mais la pénitence n’est pourtant pas un but en soi. De même que le carême nous prépare à la célébration joyeuse de Pâques, la pénitence n’existe qu’en vue de nous faire passer sur l’autre rive, de nous plonger à nouveau dans l’eau baptismale ainsi que la Dame le commande : « Allez à la source boire et vous y laver ». Elle n’enlève pas l’amertume d’une vie symbolisée par la demande surprenante de la Vierge Marie à Bernadette de « manger cette herbe qui est là ». Car la sainteté consiste à s’unir à la passion du Christ afin d’avoir part à sa Résurrection. Et depuis l’injonction de la Mère de Dieu « allez dire qu’on bâtisse ici une chapelle et qu’on y vienne en procession », l’Eglise retourne à Lourdes comme à la source de toutes grâces pour recevoir guérison du corps et de l’âme.

Aller à Lourdes, boire à la fontaine, se laisser plonger dans les piscines n’est pas de l’ordre de la superstition. Ces gestes constituent une remise de soi confiante à Dieu, une épreuve d’humilité et de foi tout autant qu’un acte d’Espérance envers une miséricorde divine qui ne s’arrêtera jamais. Et pour tous ceux qui accompagnent les malades ce pèlerinage sera toujours la marque d’une grande charité à l’égard de tous ceux qui ont le plus besoin de notre aide.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 11 février