Jan 072017
 

Les festivités de Noël sont désormais passées, comme aussi les régurgitations annuelles des ligues de la libre pensée, des athées et autres zélés et courageux chasseurs de crèches, partout où elles sont. Beaucoup de crèches ont été vandalisées en Italie et ailleurs, et vous devinerez par qui… Certains, voudraient même supprimer cette fête chrétienne qui, soi-disant, offense les autres religions. Désormais cela se passe un peu partout. Et quand les clercs s’y mettent, ils dépassent tout entendement : en Italie un curé a mis la burqa à la Vierge Marie et Saint Joseph ressemblait à un pêcheur tunisien : « c’est pour faire des ponts ! » a-t-il dit ; pour aller où ? Comprenne qui pourra…A tous ceux qui parlent de nuit de la raison à l’encontre de ceux qui ont la Foi – qui ont dans leur esprit des toiles d’araignée, et ont engendré le monde cauchemardesque d’aujourd’hui – je réponds par la lettre aux Hébreux qui s’applique bien à eux: « Eux périront, mais vous, vous resterez ; tous vieilliront comme un vêtement, et comme un manteau vous les changerez et ils seront changés, mais vous, vous êtes toujours le même, et vos années ne finiront pas » (Hb1,11-12). Tout cela pour vous dire que nous sommes en train de refaire le voyage des Mages, mais à rebours…Partis en suivant l’étoile pour arriver à la vraie Lumière, les Mages, prémices des païens que nous sommes tous au départ, auront, eux, accueilli le Fils de Dieu fait homme. Ils sont nos pères dans la Foi.

En revanche, nos contemporains, en fermant les yeux à la vraie Lumière, s’acheminent vers les ténèbres, vers les dieux déchus. Il y a quelques dizaines d’années, en Italie, j’avais remarqué des graffitis inquiétants qui disaient : les dieux reviennent ! Je ne sais pas qui avait pu écrire une chose pareille ! Les dieux n’existent pas ! Ils ont vraiment été inventés par l’homme, ou, si l’on veut, selon le psaume : « … tous les dieux des nations sont des démons, mais le Seigneur a fait les cieux » (95,5). Et puis, l’Église, ne les craint pas ! Voici ce que Benoît XVI écrivait : « Les concepts que nous entendons comme rédemption, péché, salut, résonnent comme des mots provenant d’un monde désormais passé ; peut-être ce monde était-il beau ? (Je me permets d’ajouter : oui, il était très beau, il avait la beauté de Dieu !), mais en tous cas, il n’est plus le nôtre. Ou, plutôt si, il l’est toujours ! Le monde, au temps duquel la fête de Noël est née, était dominé par un sentiment semblable au nôtre. Il s’agissait d’un monde dont le « crépuscule des dieux » n’était pas un slogan, mais un fait réel. Les anciens dieux étaient devenus tout à coup irréels : ils n’existaient plus, les gens n’étaient plus capables de croire à ce qui avait donné sens et stabilité à des générations. Mais l’homme ne peut pas vivre sans donner un sens à sa vie. Il en a besoin comme le pain quotidien. Ainsi, les anciens astres s’étant couchés, il a dû chercher de nouvelles lumières… ».

Non, ce n’est pas le Sol Invictus, le Soleil Invaincu qui sera le nouveau Dieu, mais le Soleil de Justice qui s’est levé le jour de Noël. « Quelle est la période de l’histoire de l’humanité qui n’expérimente, plus que la nôtre, une angoisse majeure pour son futur ? », continue le Pape, « En d’autres termes, nous n’avons plus peur que le soleil puisse être un jour vaincu par les ténèbres et ne revienne plus. Nous craignons l’obscurité qui vient des hommes ». Maintenant, l’Occident embrasse avec frénésie des fois nouvelles qui sont des idéologies, telles que le mondialisme, le laïcisme, le libéralisme et l’égalitarisme, l’écologisme, le féminisme, etc. ; ce ne sont que des substituts inadéquats de cette Foi qui a forgé l’Occident, qui a donné non seulement une simple raison pour pouvoir vivre et mourir, mais « pour vivre en ce monde sobrement, honnêtement et pieusement, dans l’attente de la bienheureuse espérance et l’avènement glorieux de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ… » (Tite 2, 11-13) Comme le dit si bien saint Pierre, « Seigneur, à qui irions-nous ? Toi seul, as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6,68). La religion d’un peuple, sa foi, crée sa culture, et sa culture crée sa civilisation. Et lorsque la foi meurt, sa culture et sa civilisation meurent aussi, et même le peuple commence à mourir.

L’athéisme actuel est quelque chose d’inédit dans toute l’histoire humaine et notre civilisation semble arrivée au stade terminal d’une maladie mortelle ; sans le Christ et avec la complicité des élites qui ont renié la Foi chrétienne, la civilisation s’écroule, hélas. Puisque la nature a horreur du vide et « le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenus folles », alors « lorsque les hommes cessent de croire en Dieu, ce n’est pas qu’ils ne croient plus à rien, mais ils croient à n’importe quoi ! » (G.K.Chesterton); Si le Pape François décrit l’Église comme un hôpital de campagne, c’est justement parce que il y a un massacre en cours, dans tous les domaines. Rémi Brague, philosophe et lauréat du prix Ratzinger 2012 dit : « Chaque fois que la société élimine le divin, nous l’avons vu revenir sous l’aspect de dieux peu sympathiques ; ils exigent toujours un sacrifice humain ». L’avortement en est un et le démon aime se repaître de la chair des innocents ! Si autrefois les dieux étaient à l’image des hommes, aujourd’hui, les hommes, se croyant Dieu, les imitent. Les dieux ne reviennent pas, ce sont nos anciens démons qui se réveillent en nous. Comment ? Amusons-nous un peu : il y a les orgueilleux, les libertins, les coléreux et les courroucés comme Jupiter, surtout en politique où ils sont légions; les Narcisses, épris de leur personne et de leur beauté, les body builders, les Apollons bellâtres du « Belvédère » et les Venus Callipyges adeptes du botox et de la chirurgie esthétique ; Il y a les Eros ou les Cupidon, ceux qui ont pris pour Dieu leur ventre ou pire : n’en parlons pas davantage ; de Bacchus non plus d’ailleurs, c’est le dieu par excellence des bistrots, des poivrots, des Folies Bergères et de la « gaîté parisienne » ! Il y a Mammon le syrien, dieu du dollar ou de l’euro, au choix : le préféré des traders, des financiers et d’à peu près tout le monde, sans oublier Mercure, dieu des voleurs. Mars, dieu de la guerre, des crimes de sang et de la discorde règne en maître un peu partout ; Junon, est la patronne des jaloux, des vengeurs, des bougons et des…belles-mères acariâtres ; Hécate, la déesse des ombres, des terreurs nocturnes et de la magie a le vent en poupe, avec la satisfaction du malin ; Il y a ses tristes compagnes : les Erinnyes ou Furies, et les Ménades ou Bacchantes. J’en ai vu d’horribles sur You Tube : des femmes échevelées et hystériques, qui manifestaient pour l’avortement, se dévêtant, en criant, en blasphémant et en crachant sur des jeunes qui priaient et protégeaient une cathédrale en Argentine. Saturne doit être leur père, puisqu’il dévorait ses enfants…Mais du bon côté, celui de Jésus Christ j’entends, qui peut être aussi le nôtre, il y a les Béatitudes ! Dans sa Ière homélie de Noël, Saint Léon le Grand exhortait les Romains de la sorte : « Reconnais, ô chrétien ta dignité et, devenu participant de la nature divine, garde-toi de retourner à ton ancienne vilenie par une conduite indigne. Souviens-toi de quel chef et de quel corps tu es membre. Rappelle-toi qu’arraché à la puissance des ténèbres, tu as été transporté dans la lumière et le royaume de Dieu ». Les Mages seront peut-être nos juges…

Don Carlo CECCHIN

Lectures dominicales du 8 janvier