Jan 052011
 

24 décembre 2010

« Le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous »

 

Chers parents,

Aujourd’hui, veille de Noël, les prêtres et les catéchistes de la paroisse Sainte Odile vous souhaitent une très joyeuse Fête de la Nativité.

Que la joyeuse agitation ambiante ne nous détourne pas du vrai sens de cette fête ! Que fêtons-nous à Noël ? La naissance d’un nouveau né, enveloppé de langes, couché dans une crèche (une mangeoire pour animaux), « car il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie ». Or, en ce tout petit enfant qui a l’air d’être un enfant comme les autres, nous sommes invités à reconnaître le Fils de Dieu fait homme et, puisqu’Il est Dieu, à L’adorer….

La naissance du Sauveur, l’Emmanuel : Dieu avec nous, est pour toute l’Eglise l’occasion d’une immense joie que la liturgie exprime par des signes sensibles : le prêtre revêt des ornements blancs ou dorés et le chant du Gloria, le chant des anges annonçant  aux bergers la Paix et la Joie de Noël, se fait à nouveau entendre.

Traditionnellement, la liturgie marque ce jour en célébrant trois Messes pour honorer la triple naissance du Fils de Dieu :

–      à la messe de minuit (ou dans la nuit), sa naissance temporelle à Bethléem, il y a plus de 200 0ans
–     à la Messe de l’aurore, sa naissance spirituelle dans chacune de nos âmes en faisant    mémoire de la visite des bergers à la crèche
–      à la Messe du jour, sa naissance éternelle au sein de la Sainte Trinité :

« Au commencement était le Verbe.. »

Comme les bergers et les  mages, avec toutes les générations de croyants qui nous ont précédés, nous sommes invités nous aussi à venir  reconnaître en cet enfant, « le Roi du Ciel et de la terre », « Prince de la Paix »…A vue humaine, c’est une chose impensable et incompréhensible. Le Mystère de l’Incarnation, le Mystère du Fils de Dieu fait homme, est l’un des plus grands Mystères de la foi catholique : Jésus est vrai Dieu et vrai homme.

Puisqu’un Mystère est par définition quelque chose que notre raison ne peut pleinement comprendre, laissons-nous guider par la foi et entrons dans un autre mode de connaissance :

L’Adoration contemplative. Cette attitude intérieure qui consiste à rendre au Seigneur l’hommage de notre amour plein de reconnaissance, s’exprime tout naturellement par une attitude extérieure. « Que tout genou fléchisse » recommande Saint Paul. C’est là le geste même de l’Adoration due à Dieu. Adorer l’Enfant Jésus dans la crèche, se prosterner devant Lui, c’est effectivement le reconnaitre « vrai Dieu et vrai homme ».

Attardons-nous maintenant un peu sur cette belle fête de l’Epiphanie :

Un jour, la Sainte Vierge et Saint Joseph voient arriver des personnages venus de plusieurs pays différents et lointains pour adorer Jésus. On les appelle les «trois Rois Mages » mais dans l’Evangile rien n’indique qu’ils étaient trois ni qu’ils étaient rois. Leurs noms n’ont pas été retenus par les évangélistes…Ils étaient des savants astrologues spécialisés dans l’observation du ciel. Dans l’Ancien Testament, le prophète Balaam avait annoncé la venue du Messie sous l’image d’un lever ou d’une apparition d’étoile qui en serait le signe.

Le mot « Épiphanie » vient du grec et veut dire :
– épi : en dehors, à l’extérieur (du pays et du peuple de Jésus)
– phanie : manifestation,  révélation (de Dieu)

La fête de l’Epiphanie nous montre en effet que Jésus, Fils de Dieu, vient se faire connaître à tous. Par la visite des bergers, Dieu veut faire comprendre que Jésus est venu pour les croyants de l’époque, le peuple de Jésus, c’est-à-dire les juifs. Par la visite des mages, Dieu veut faire comprendre au monde que Jésus est venu sur la terre pour sauver et apporter le bonheur éternel à tous les hommes de tous les pays et de tous les temps.

A Jésus, les bergers et les mages ont apportés des cadeaux, expression concrète de leur adoration et de leur reconnaissance. Leurs offrandes ont une valeur mystique. A notre tour et à leur exemple, tirons de nos cœurs ce que nous pouvons offrir à Dieu.

Les mages offrent de l’or, cadeau réservé à un roi qui se voit offrir ce qu’il y a de plus beau et de plus précieux.

Jésus est le Roi du Ciel et de la terre, offrons-Lui l’or de notre cœur plein d’amour pour Lui et pour les autres. Proposons à nos enfants de faire plaisir à Jésus et aux autres, non seulement en leur donnant des cadeaux matériels mais aussi en leur offrant, bonne humeur,  sourires, actes de générosité, bonnes actions, petits services….

Les mages apportent aussi de l’encens, cadeau réservé à Dieu. L’encens est une résine aromatique qui dégage en brûlant une odeur agréable et forte ainsi que de la fumée. La fumée monte vers Dieu comme la prière d’adoration incessante des hommes et dégage « la bonne odeur du Christ » dans le cœur de chacun.
Avec nos enfants, offrons à Jésus l’encens de notre prière d’adoration  et de contemplation.

Les mages offrent aussi à Jésus de la myrrhe, cadeau réservé à un homme car utilisé au moment de son ensevelissement après sa mort : la myrrhe est un parfum odorant et médicinal extrait de la résine d’un arbre d’Arabie. Elle est utilisée pour l’embaumement des corps. Les saintes femmes en apporteront pour embaumer Jésus. La myrrhe annonce donc la passion et la mort de Jésus.

Présentons au Seigneur la myrrhe de nos efforts pour combattre et corriger nos défauts, la myrrhe de nos sacrifices et de nos peines pour réparer nos péchés. Suggérons aussi à nos enfants de le faire.

Dans notre vie de tous les jours, nous aussi comme les mages essayons d’être toujours en route vers Dieu, toujours en train de Le chercher sans cesse, sans nous décourager, même si nous traversons les déserts de nos difficultés. Tâchons d’être des « épiphanies », des manifestations de Dieu pour les autres en témoignant de notre foi chrétienne par nos paroles et nos actes.

« Je vous annonce une grande joie » dit l’ange aux bergers. Quand aux mages « ils se réjouirent d’une grande joie ». Cette joie les rend missionnaires. Ils ne peuvent taire les merveilles de Dieu. Ayant trouvé l’Enfant, ils ne peuvent faire autrement que de répandre la Bonne Nouvelle. A leur exemple faisons de même et laissons la Joie de Noël déborder de notre cœur et offrons-la à tous ceux qui sont autour de nous.

A la maison, ne manquons pas de mettre l’accent sur l’arrivée de l’Enfant Jésus dans la crèche.  Les parents peuvent mettre discrètement l’Enfant Jésus pendant la nuit et solenniser son arrivée le lendemain matin en chantant par exemple « Il est né le divin Enfant » avec les enfants avant d’ouvrir les cadeaux.

Les petits aiment beaucoup aller voir les crèches dans les églises. Après Noël, profitons en pour les emmener faire un petit tour pour aller admirer les différentes crèches du quartier ou de la ville. Ils ont toujours le don de s’émerveiller des moindres détails.

Après le 1er Janvier, ce sera le moment de mettre les mages en route vers la crèche en les faisant avancer un peu chaque jour pour arriver devant l’Enfant Jésus le jour de l’Epiphanie.  Le temps de Noël comporte toute une succession de fêtes : les Saints innocents, la sainte Famille, Marie, Mère de Dieu, l’Epiphanie, jour où, après un long voyage, les mages arrivent devant la crèche. Les bergers leur laissent la première place aux pieds de Jésus. Dans l’esprit des enfants, cette fête sera bien sûr aussi marquée par la traditionnelle galette des rois !

Quarante jours après la Nativité, une dernière fête se rattache encore au mystère de Noël : la fête de la Présentation de Jésus au Temple, fête de Jésus reconnu par Siméon comme étant « la Lumière du monde ». Traditionnellement, pour la plus grande joie des enfants, on garde la crèche jusqu’à cette fête qui a lieu le 2 février.

Restons particulièrement unis par la prière pour notre curé, Monseigneur Rechain, très affaibli par son traitement médical actuel. Si vous le pouvez ne manquez pas de lui écrire un petit mot réconfortant et affectueux pour Noël.

En cette fête de Noël et au seuil de cette nouvelle année, que l’Enfant Jésus  comble de sa Joie et de sa Paix chacune de vos familles. Joyeux Noël et bonne et sainte nouvelle année à tous !

Sybil de Feydeau, responsable du catéchisme