Fév 282011
 
Messe pour Monseigneur Claude Rechain
Samedi 26 février 2011
Notre Dame de Paris

Il y a tout juste un mois, lors d’une visite d’amitié, Monseigneur Rechain m’a dit avec une lucidité, que tous les malades en phase terminale ont de temps en temps, que j’allais bientôt célébrer ses obsèques. Ce temps est toujours un moment de grâces pour les prêtres, car il permet d’aller à l’essentiel et de se préparer à vivre notre mort comme une récapitulation  de toutes les eucharisties célébrées tout au long de nos ministères.

En effet, pour nous chrétiens, la mort n’est pas repli sur soi, mais ouverture au don de Dieu, une véritable pâque, une entrée dans la vie comme le dit la petite Thérèse.

Je ne souhaite pas retracer le parcours de Monseigneur Rechain ; comme amis prêtres, je me permets simplement de souligner quelques traits que Monseigneur Rechain  nous livre comme testament spirituel.

Tout d’abord sa vie de prière. J’ai toujours été frappé par cette intimité qu’il avait avec le Seigneur. Nos rencontres mensuelles s’achevaient toujours avec le chant de l’office des complies. Nous prenions aussi des temps d’oraison comme il aimait prendre seul ce temps de cœur à cœur avec Celui qui est le tout de sa vie. Mais n’est-ce pas ainsi que l’on façonne un cœur sacerdotal ? Et je suis sûr qu’il a transmis à d’autres amis prêtres cette intériorité. Je pense naturellement aux pères, frères, sœurs de la communauté Aïn Karem dont il était le modérateur, communauté missionnaire, toute centrée sur le Christ et sur cette prière intérieure.

Ensuite sa fidélité. Fidélité à nos maitres ; je pense à Monseigneur Charles qui lui a tant apporté.

Fidélité à ses amis ; toujours disponible et prêt à rendre service.

Fidélité à l’Eglise qu’il aimait passionnément. Il s’est donné sans compter, à l’image du Bon Pasteur.

Il aimait la foi catholique et sa Tradition. Il y avait des points sur lesquels il ne voulait pas négocier ! Mais connaissez-vous des anciens banquiers qui acceptent des négociations en votre faveur ?

Il faut dire que Monseigneur Rechain proposait des SICAV à longs termes ! Et Dieu sait qu’elles rapportent aujourd’hui !

Fidélité à son tempérament ! Il s’acceptait comme il était ; il avait offert ses limites à l’Amour miséricordieux. Il savait qu’il avait du caractère. Il faut dire que lorsque nous disons qu’un être a du caractère, nous pensons toujours à un mauvais caractère ! Ce n’était pas toujours son cas ! Mais il savait être chef ! Et cette distance n’était pas toujours comprise ! Mais dans l’éducation, cette distance est importante. Le prêtre ne doit pas jouer au grand frère, et les élèves n’ont pas à taper sur le ventre du directeur. Remarquez, personne ne s’y serait risqué !

Les exigences qu’il imposait étaient au service de l’épanouissement de la personnalité du jeune.

Mais ce tempérament était assoupli par son sourire et ses délicatesses qu’il avait pour les brebis confiées par l’Église.

Il faut que le grain de blé meurt en terre pour qu’il devienne une gerbe généreuse.

Puisse cette vie donnée au Seigneur porter beaucoup de fruits.

Puisse cette vie susciter de nombreuses vocations sacerdotales. C’était le souci de Monseigneur Rechain !

Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers qui soient des prêtres selon le cœur du Christ.

Et puisque Monseigneur Rechain est en marche vers la Jérusalem céleste, je suis sûr qu’il va déposer nos demandes à la Vierge Marie, à Notre Dame qu’il a tant prié ; cette dernière, en effet, va donner les dossiers à son Fils. Et le Fils ne peut rien refuser à la Reine Mère… Je ne vous dis pas… Il va falloir construire de nouveau des séminaires !

Amen.

Monseigneur Patrick Chauvet
C
uré de Saint-François-Xavier