Jan 192013
 

C’est la seule fois où nous les voyons tous les deux, la Mère et le Fils, en public, partager une fête avec des amis. Dans ce Proche Orient les mariages durent 7 jours. On mange, on boit, on chante, on danse. On oublie la monotonie et la dureté de la vie. Est ce une bonne place pour le Messie ? Mais peut-être Dieu veut-il être là quand nous manquons de tout. Et là ils vont manquer de vin. C’est la honte de cette famille d’avoir lésiné sur le vin !

Les verres sont vides et ils ont encore soif. Peut-être parce que leur véritable soif est ailleurs. Marie le voit et le comprend. Mais Jésus lui répond durement : « Femme c’est ton affaire ce n’est pas la mienne ». Comme si Jésus déchirait trentre ans d’intimité lorsqu’il partageait tout avec sa Mère. Dans le mariage l’homme renonce à sa mère comme l’unique femme de sa vie.

Mais une chose est claire : Marie ne va pas retenir Jésus, ou lui dire ce qu’il doit faire. Elle accepte la distance entre elle et Jésus. Elle ne sera jamais une mère captative. « Femme » a dit Jésus. Il n’a pas dit « maman ». Comme s’il voulait que sa mère existe d’une autre manière. Alors Marie va entrer dans une autre vocation. Et la fête de ce mariage va pouvoir vraiment commencer.

C’est quand ils vont manquer, qu’ils vont rencontrer l’abondance. Des jarres pour l’eau de purification. De l’eau qui ne lave qu’extérieurement. Il faut le vin de la Vigne de Dieu, qui a couté la vie au Fils Bien Aimé. Voilà ce que Marie nous apprend à demander. Toutes les manifestations de Marie au cours des siècles ne feront que répéter « faites ce que Jésus dira ».

C’est entre les mains des serveurs que l’eau est devenue vin sans bruit et sans effet spectaculaire. Les invités et même les mariés n’ont rien vu. Jésus s’en est remis aux serviteurs comme il s’en remet à chacun de nous. C’est par nos mains, les mains de l’Eglise que l’Esprit Saint change cette eau en vin. Comme le signe réel que Jésus nous est donné.

Cette eau qui va devenir un vin merveilleux, c’est notre pauvre nature humaine. C’est une anticipation de cette heure où nous serons saisis par Jésus pour devenir son Corps son Sang. Pour entrer dans les « noces de Dieu » avec l’humanité. Nous le célébrons dans l’Eucharistie où le pain ordinaire devient le Corps du Christ. Nous sommes ces cuves vides que Dieu veut remplir de son amour

Abbé George Périé

Lectures dominicales du 20 janvier