Jan 142012
 

Cette question que posent les deux disciples du Précurseur au nouveau Maitre qu’ils rencontrent est tout sauf anodine : elle pourrait résumer la soif insatiable de spiritualité au fond des cœurs de tous ceux qui cherchent Dieu. Elle pourrait ainsi constituer sinon l’orientation de toute une vie, du moins un axe essentiel pour cette nouvelle année qui s’ouvre devant nous. Vouloir demeurer avec Dieu, partager sa vie, se nourrir de sa Parole, telle semble être la vocation de tout chrétien. Et telle fut, à n’en pas douter, celle de ces premiers apôtres touchés par l’appel irrésistible du Maître. Ce que furent ces heures passées en Sa compagnie, l’Evangile ne nous en dit rien, ou plutôt comme saint Jean le déclare lui-même « le monde même ne suffirait pas à contenir les livres qu’on en écrirait » (Jn 21,25). Car cette expérience des premiers disciples s’est depuis prolongée dans le cœur de tous ceux qui sont venus après, jusques à nous.

Ainsi à l’instar de saint André, de saint Jean ou de saint Pierre, cette rencontre bouleversante avec le Sauveur a-t-elle pu se produire à la quatrième heure de notre vie ou bien plutôt dès les premiers instants de notre venue en ce monde. Dans tous les cas, ce qu’il nous faut comprendre c’est que Celui que nous cherchions alors sans vraiment Le connaître ou Celui que nous connaissions pourtant sans vraiment Le chercher est soudain venu illuminer notre existence de Sa présence. Nous avions trouvé le but de notre vie car comme le dit si magnifiquement saint Augustin : « notre cœur était sans repos tant qu’il ne reposait pas en Lui »

Mais cette présence à Dieu ou plutôt cette présence de Dieu en nous, il va sans dire qu’elle ne signifie pas ne plus rien faire ou de se laisser aller aux doux alizés de la grâce divine allongé sur le sable doux et chaud de la patrie céleste. Le disciple ne demeure chez le Maître non pour rester immobile mais pour partir et donner du fruit : « Je vous ai établi pour que vous partiez et que vous donniez du fruit » (Jn 15,16)

Abbé A. de Monts

Lectures dominicales du 15 janvier 2012