Nov 112016
 

L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles. L’espérance est une vertu, virtus, une détermination héroïque de l’âme. La plus haute forme de l’espérance c’est le désespoir surmonté. (Bernanos)

Il n’a pas manqué dans l’histoire de situations analogues à celle que le Seigneur décrit dans l’évangile de ce dimanche et que nous pouvons vivre aujourd’hui encore. Elles semblent d’ailleurs vouloir inexorablement se répéter. Guerres, destructions, persécutions, délitement des structures de l’état, déliquescence des mœurs et invasions barbares, autant d’événements qui nous préviennent que, s’il ne s’agit pas encore de la fin des temps – qui restera toujours inconnue – nous sommes entrés définitivement, et ce en raison de l’Incarnation, dans les temps de la fin.

Saint Augustin disait ainsi, lui qui assista à la chute de Rome, que cela devait être pour nous toujours le moyen de nous renouveler dans le Christ : « Le Christ te dit : le monde s’en va, le monde est vieux, le monde succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains rien, ta jeunesse se renouvellera comme celle de l’Aigle ». Nous avons sans doute cru, un peu trop rapidement, que Le royaume de Dieu était déjà pleinement accompli dans notre civilisation occidentale. Et pourtant, comme l’évêque d’Hippone le disait déjà de Rome, « Si les œuvres même de Dieu doivent passer, combien plus vite encore l’œuvre d’un Romulus ». Orose, son contemporain et disciple, donne lui aussi une explication théologique à tous ces bouleversements, explication qui ne tient qu’à lui mais qu’il est intéressant de noter dans notre situation actuelle : « Si les barbares avaient été lancés sur les territoires romains à seule fin de remplir en foule les églises du Christ, la miséricorde de Dieu paraitrait à louer et à exalter puisque, même si c’est au prix de notre ébranlement, tant de peuples recevraient la connaissance de la vérité qu’ils ne pouvaient sûrement acquérir qu’à cette occasion ».

Que nous soyons optimistes ou non sur le futur de notre pays et de notre continent, un avertissement d’un auteur latin du cinquième siècle, Salvien de Marseille, peut toujours retentir à nos oreilles : « Honte à nous, peuple romain, honte à nous à cause de notre vie. Que personne ne se persuade d’autre chose, que personne ne pense autrement, nous n’avons été vaincus, que par le dérèglement de nos mœurs ».

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 13 novembre