Jan 052011
 

22 novembre 2010

Le Temps de L’Avent

Le temps de l’Avent qui commence dimanche prochain vient inaugurer la série des lettres aux parents dont je vous avais parlé lors de la réunion de parents du mois d’octobre.

Première étape de l’année liturgique, l’Avent précède la fête de Noël et nous prépare à la rencontre avec le Christ, notre Sauveur, qui est venu il y a 2000 ans, vient dans nos cœurs,  et viendra à la fin des temps…..

Le mot « Avent » vient du latin « adventus » qui veut dire venue, avènement : Nous attendons  la venue de Jésus, notre Sauveur. Jésus veut en effet dire « Dieu sauve ». Jésus est le Sauveur que Dieu avait promis aux hommes après le péché originel. Il est le Fils de Dieu fait homme et vient sur la terre pour nous sauver.

Nous entrons donc dans un temps d’attente et d’espérance qui nous rappel le besoin que nous avons d’être sauvés, libérés, et nous invite à la conversion de nos cœurs. Trois grandes figures sont très présentes dans les lectures pendant ce temps de l’Avent : le prophète Isaïe qui annonce la venue du Messie Sauveur 800 ans à l’avance, saint Jean Baptiste qui prêche un baptême de conversion des cœurs pour « préparer le chemin du Seigneur » et la très sainte Vierge Marie qui a reçu la grâce d’être préservée de tout mal et du péché originel  en prévision de sa maternité divine.

C’est un temps privilégié prévu par la liturgie pour nous aider à faire le point sur notre relation avec Dieu, en vue de nous préparer à la fête de Noël. Ce retour sur nous même  nous fait prendre conscience de nos faiblesses, de nos insuffisances, de nos limites, suscite en nous le regret de certaines de nos actions qui ont manqué d’amour, nous pousse à demander pardon à Dieu et à réparer d’une manière ou d’une autre ce que nous avons fait de mal : c’est ce qu’on appelle la pénitence.

La liturgie de l’Avent exprime ces sentiments de pénitence par des signes sensibles : le prêtre porte des ornements violets et on ne chante pas le  « Gloria ».

L’Avent est pourtant aussi un temps de joie car il annonce la joie du Salut qui approche : c’est pourquoi le chant de l’ « Alleluia » est maintenu alors qu’il ne l’est pas pendant le Carême.

Cette joie va s’intensifier au fur et à mesure que l’on approche de Noël : le troisième dimanche de l’Avent, dimanche de « Gaudete » (soyez dans la joie !), l’Eglise est dans la joie à l’idée de la venue toute proche de son Sauveur : le célébrant peut revêtir les ornements roses d’où le nom de « dimanche rose », couleur de l’aurore qui annonce le jour.

Enfin, du 17 au 23 décembre, l’Eglise exprime son impatience dans l’attente de l’arrivée toute proche du Sauveur par sept antiennes magnifiques qui commencent toutes par « Ô.. ». Ce sont les grandes antiennes « Ô » qui chantent tous les titres glorieux du Messie tant attendu.

Le 8 décembre, la fête de l’Immaculée Conception s’inscrit parfaitement dans ce contexte d’Espérance et de Joie de l’Avent. C’est par Marie Immaculée que nous est venu le Sauveur. Ce jour là, la liturgie retrouve un air de fête car le prêtre revêt des ornements blancs.

Tout cela nous pousse à préparer Noël avec nos enfants dans une ambiance favorable, centrée sur l’attente et la venue du Fils de Dieu. Soyons de ceux qui acceptent d’accueillir Jésus dans nos âmes et dans toute notre vie.

La préparation de Noël dans le monde qui nous environne, avec son cortège de sapins, de guirlandes, de vitrines éblouissantes, de pères Noël, tout ce que nous pourrions appeler le « folklore » de Noël , se fait dans le tapage et dans une agitation commerciale extrême : il s’agit là, hélas, d’un Noël devenu « païen », fête de tous les plaisirs et surtout réduite à la fête des cadeaux…..Pour nos enfants, c’est ce qui est le plus visible, le plus immédiat et qui risque de les détourner de l’essentiel, de les faire passer, et même de nous faire passer, à coté de la vraie Joie de Noël. Nous avons mieux à proposer à nos enfants que cette effervescence extérieure. En tant que chrétiens, proposons leur de préparer Noël comme la très Sainte Vierge et avec elle : dans le calme et le silence, avec un cœur recueilli prêt à recevoir le Roi des rois.

Cette préparation peut se faire simultanément sur plusieurs plans : la prière en famille, un enseignement catéchétique et les petites choses concrètes de la vie quotidienne.

Pendant ce de temps de l’Avent, la prière familiale peut avoir lieu devant la crèche. Les enfants ont généralement les yeux écarquillés et sont beaucoup plus recueillis, leur attention se fixant surtout sur le décor et les personnages principaux de la crèche. Pour bien marquer l’entrée en Avent, il est important de faire en sorte que le décor de la crèche soit déjà installé la veille du premier dimanche de l’Avent. Les personnages peuvent s’y ajouter petit à petit tout au long du temps de l’Avent ou être déjà là.. Dans certaines familles, la Très Sainte Vierge et Saint Joseph font par exemple le tour de la pièce avant d’arriver sur les lieux……

Pour nourrir ce temps de prière, vous trouverez sur le site : (doc.122) « pour bien préparer Noël », un cheminement spirituel pour les enfants, pour les 4 semaines de l’Avent, avec une courte méditation et un effort quotidien pour chaque jour. Si nos enfants savent que leurs petits efforts font plaisir à Jésus, ils seront très généreux. Donnons à ces résolutions une dimension surnaturelle : tout faire par amour pour Jésus, pour être son ami. (par exemple : obéir, dire la vérité, être généreux avec les autres, rendre service, pardonner, éviter les disputes, être de bonne humeur, savoir dire merci, ne pas se plaindre lorsque quelque chose ne va pas, rester calme et patient, bien ranger sa chambre, travailler de son mieux…)

Vous trouverez sur le même site, un examen de conscience pour les enfants (doc.740) pour aider vos enfants à faire une bonne confession avant Noël afin que le cœur de chacun soit comme une crèche toute douillette et toute propre pour accueillir l’Enfant Jésus. Je vous recommande particulièrement un petit livret très bien fait et intitulé :

« L’Avent, un temps pour préparer Noël »de Monique Berger, éditions Sainte Madeleine

Sans donner aux préparatifs matériels la même importance que la préparation intérieure de nos cœurs, il est bon et nécessaire de donner à notre cadre de vie, à la maison, un air de fête pour accueillir Jésus. Chaque famille a sur ce point ses propres traditions héritées des générations précédentes et variant selon les lieux, pays et régions.

Le sapin, seul, sans la crèche n’aurait pas de sens dans une famille chrétienne…..

Il peut être judicieux et amusant d’attribuer à chaque enfant un santon ou un mouton qu’il fera avancer un peu chaque jour, selon les efforts qu’il aura fait pour bien se préparer à la venue de Jésus…les santons et les moutons de chacun peuvent faire le tour de la pièce et aller de meuble en meuble avant d’arriver devant la crèche…..

La couronne de l’Avent est à la fois décorative et instructive, les quatre bougies représentant les quatre dimanches de l’Avent. Plus en profondeur, elles symbolisent les quatre grandes étapes du peuple de Dieu (Ancienne Alliance) jusqu’à la venue du Messie (Nouvelle Alliance) : le pardon accordé à Adam et Eve, la foi d’Abraham et des patriarches, la joie du roi David dont la lignée ne s’arrêtera pas, l’enseignement des prophètes qui annoncent un règne de justice et de paix. Allumer chaque dimanche une bougie de plus permet à chacun de mesurer le temps  et de concrétiser la progression vers Noël dans la joie.

Participer à l’installation de la crèche est toujours une grande joie pour les enfants. Ils peuvent par exemple confectionner des étoiles de toutes couleurs et tailles pour les placer ensuite sur un ciel de fond bleu nuit derrière la crèche. A chaque effort, les enfants peuvent coller une étoile sur le ciel. Cela fera non seulement un très joli décor autour de l’Enfant Jésus, mais sera la preuve de la participation de chacun à la démarche spirituelle de l’Avent.

Que dire du Père Noël ?  Est-il bon de laisser les enfants « croire au Père Noël » ?

Bien sûr, ce célébrissime personnage légendaire qui envahit nos rues et les magasins dès la mi-novembre fait rêver les enfants et nourrit leur imaginaire…..Bien sûr on ne peut pas éviter de croiser ce bonhomme rouge présent à tous les coins de rues….Mais présentons le pour ce qu’il est : une simple légende. Le fait d’ailleurs qu’il y en ait tant, démystifie déjà beaucoup la réalité de l’histoire !

Remettons donc les choses à leur juste place : ce sont les parents qui donnent les cadeaux pour manifester la joie de Noël, pour fêter le plus beau et le plus grand cadeau que Dieu nous ait fait : la venue de son Fils, Jésus, sur la terre pour sauver tous les hommes.

Si des parents maintiennent volontairement un enfant dans ce mythe, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, l’enfant découvrira la vérité. Une telle découverte risque fort d’ébranler lourdement sa confiance en ses parents. Il  vaut mieux ne pas en prendre le risque, surtout pour une histoire d’aussi peu d’importance…Comment réagira-t-il ensuite, quelle confiance accordera-t-il aux récits des merveilles divines : les miracles de Jésus, la Résurrection, l’Ascension… ? La Vérité a un trop grand prix…..et mérite qu’on la défende. Le Christ n’a-t-il pas dit : « je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » ou encore « la Vérité vous rendra libres ».

Il est important d’apprendre à nos enfants à faire la différence entre ce qui est « contes de fée » et « épisodes de la vie Jésus » : ceux-ci sont vrais, pas les autres…..celles là sont juste pour nous distraire…les épisodes de la vie de Jésus sont vrais et nous permettent de Le connaître et de mieux L’aimer.

Que voulons-nous pour nos enfants ? Les élever dans la foi chrétienne. Cela entraine pour nous une exigence de vérité et de cohérence.

En conclusion, laisser un enfant croire au Père Noël ne peut pas être compatible avec une éducation chrétienne. Il n’est jamais trop tard pour établir ou rétablir la vérité…avec délicatesse et affection ….Si la vérité vient de la bouche et du cœur des parents, la confiance mutuelle n’en sera que renforcée.

Vous souhaitant à tous un très bon temps de l’Avent, soyez assurés, chers parents, de mon union de prière pour vous-même  et chacun de vos enfants.

Sybil de Feydeau, responsable du catéchisme sur la paroisse Sainte Odile
ktsteodile@free.fr