Avr 082011
 

Paris, le 4 avril

Chers parents,

Nous allons bientôt entrer dans la Semaine Sainte qui s’ouvre avec le dimanche des Rameaux. La Semaine Sainte est  un moment privilégié qui nous donne l’occasion d’être plus particulièrement proche de Jésus  en vivant et en offrant  avec Lui tout ce qu’Il a souffert pour nous jusqu’à mourir sur une croix afin de nous sauver du Péché.

Pour nous préparer à la grande fête de Pâques, nous  allons insister cette année sur ce que nous allons vivre le Jeudi Saint et le Vendredi Saint. Ces deux jours sont intimement liés et indissociables car le Jeudi Saint, le Vendredi Saint et à chaque Messe, se réalise le même Sacrifice Rédempteur de Notre Seigneur Jésus Christ.

Le Jeudi Saint :

Le soir du Jeudi Saint, Jésus a d’abord accompli une dernière fois avec ses apôtres,  le repas rituel des Juifs (repas rituel établi pour commémorer la libération du peuple hébreu alors en esclavage en Egypte).

Puis, à la fin du repas, consacrant le pain et le vin en disant : « Ceci est mon Corps…-Ceci est mon Sang… » Jésus s’est, par anticipation, offert Lui-même en sacrifice, comme le véritable et unique Agneau de Dieu.


Lors de la Messe du Jeudi Saint, l’Eglise célèbre donc une triple fête : l’institution de l’Eucharistie (la première Messe), la Première Communion des apôtres et l’institution du Sacrement de l’Ordre (le sacerdoce) car en disant : « Faîtes ceci en mémoire de moi.. », Jésus fait des apôtres les premiers prêtres.

La liturgie de ce jour retrouve donc un caractère de fête grandiose : le prêtre revêt des ornements blancs, nous chantons le « Gloria » (pas encore « l’Alléluia »), les fleurs sont blanches et l’orgue fait résonner notre joie.

Il est bon de nous réjouir de tout notre cœur et de remercier le Seigneur pour ce don infini de l’Amour divin qui se donne tout entier à nous sous les apparences d’un morceau de pain. C’est pourquoi, pendant le chant du Gloria, les cloches et les clochettes des enfants de chœur sonnent à toute volée avant de se taire jusqu’à la nuit pascale.

Une des particularités liturgiques du Jeudi Saint  est le lavement des pieds. C’est l’application de l’Evangile du jour (Jn. 13, 1-15). Le prêtre lave les pieds de douze fidèles en souvenir de Jésus qui a lavé les pieds des douze apôtres. Pendant ce temps, nous chantons : « Où sont amour et charité Dieu est présent », « Ubi caritas et amor, Deus ibi est ».

A la fin de la Messe, le prêtre et les fidèles partent en procession à l’autel du reposoir (préparé à l’avance et décoré aussi magnifiquement et somptueusement que possible avec fleurs blanches et cierges) pour y déposer le Saint Sacrement jusqu’à la communion du lendemain. Pendant cette procession nous chantons traditionnellement l’hymne « Chante O ma langue… » (« Pange lingua ») qui se termine, à l’arrivée au reposoir par le « Tantum ergo.. » (dernières strophes du Pange lingua). Les fidèles peuvent ensuite rester adorer Notre Seigneur réellement présent sur l’autel. Dans certaines paroisses, l’adoration dure toute la nuit et les fidèles se relaient pour veiller auprès du  Seigneur.

Après avoir déposé le Saint Sacrement au reposoir, on dépouille le grand autel de l’église, qui reste nu, sans nappes, sans chandeliers, ni crucifix. Ce dépouillement symbolise celui de Jésus à qui l’on a retiré les vêtements avant de le crucifier. Le tabernacle est vide et sa porte est ouverte. La petite lumière rouge est éteinte. Les croix de l’église sont enlevées ou voilées.

En ce soir du Jeudi Saint, nous aurons à cœur de faire un moment d’adoration devant le Saint Sacrement exposé au reposoir. N’hésitons pas à y emmener nos enfants au moins quelques instants. L’occasion nous est donnée d’accompagner  Jésus au jardin des Oliviers pendant son agonie. Ce soir là, Il  avait justement demandé à ses apôtres de veiller et prier avec Lui.

 N’oublions pas que le Jeudi Saint est un  grand jour pour les prêtres car c’est la fête du sacerdoce, les apôtres étant devenus ce jour là les premiers prêtres. En leur disant : « Faites ceci en mémoire de moi », Jésus leur a confié la mission de continuer ce qu’il a fait. Les prêtres sont ordonnés pour célébrer la Messe, perpétuer le Saint Sacrifice de Jésus sur la Croix. Ce jour là, ayons particulièrement à cœur de prier pour les prêtres, spécialement ceux que nous connaissons. Pourquoi ne pas leur envoyer à cette occasion un petit message d’amitié et leur exprimer notre reconnaissance. Ne manquons pas de prier aussi pour les vocations sacerdotales et les séminaristes que nous connaissons.

Le Vendredi Saint :

Le Vendredi Saint n’est pas un jour comme les autres : c’est le jour de la mort du Seigneur. C’est pour nous qu’il meurt sur la croix, pour nous sauver du péché, nous donner accès à la Vie Eternelle. On ne peut pas vivre cette journée comme un jour ordinaire.

–  Le Chemin de Croix :

Pour nous unir aux souffrances du Christ et honorer ce qu’Il a accepté de supporter pour nous, témoignons-Lui notre amour en participant au Chemin de Croix qui a lieu dans l’après-midi, généralement à 15h, heure à laquelle Il est mort. N’hésitons pas à y aller avec nos enfants. Il existe des livrets ou dépliants pour aider les enfants à suivre en images les stations du  Chemin de Croix.

–  L’office de la Passion :

L’office de la Passion a lieu le soir. La liturgie est centrée sur la Croix. Très dépouillée, elle reflète les sentiments de deuil de l’Eglise toute entière et se compose de trois parties :

1) La liturgie de la Parole :

En première lecture nous écoutons la prophétie d’Isaïe sur le serviteur souffrant (Is 52,-53), en deuxième lecture, la lettre de Saint Paul aux hébreux (He 4-5), puis nous nous levons pour écouter l’Evangile de la Passion du Seigneur selon St Jean (Jn18-19). Cette lecture est solennisée avec plusieurs lecteurs, comme au dimanche des Rameaux.

La liturgie de la Parole se termine par la Prière universelle de l’Eglise qui prend ce jour là une ampleur particulière. Le prêtre donne l’intention et invite les fidèles à prier à genoux. Un temps de prière silencieuse est suivi de l’invitation à se lever et le prêtre chante l’oraison correspondant à l’intention.

2) La vénération de la Croix :

La Croix est ensuite apportée voilée à l’autel. Elle est solennellement dévoilée progressivement et le prêtre chante trois fois : « Voici le bois de la Croix qui a porté le salut du monde ». Trois fois les fidèles s’agenouillent en répondant : « Venez adorons le ! », puis ils s’avancent en procession pour adorer la Croix et baiser les pieds de Jésus crucifié. Pendant l’adoration de la Croix nous chantons les impropères : ce sont les reproches que Dieu fait au peuple d’Israël. Chacun de ces reproches commence par rappeler l’un des bienfaits de Dieu envers son peuple et met parallèlement en contraste l’un des tourments que celui-ci a infligé au Messie. Ces reproches laissent transparaître l’extrême tendresse de Dieu à laquelle on ne peut rester insensible. Intérieurement, chacun de nous doit s’appliquer ces reproches en pensant aux bienfaits reçus de Dieu et à ses propres péchés qui ont causés la mort du Sauveur.

3) La communion :

Le prêtre va chercher le Saint Sacrement au reposoir et revient directement à l’autel en silence. Après le Notre Père, a lieu la communion (avec les hosties consacrées à la Messe de la veille). A la fin de l’office, l’autel est à nouveau complètement dépouillé, le crucifix est placé debout devant l’autel et le tabernacle est ouvert et vide : Cela signifie que Jésus est mort. Jusqu’à la nuit de la Résurrection, il n’y a plus de Présence réelle dans le tabernacle, l’église reste dans la pénombre, seule la Croix est éclairée.

Pour les journées du Vendredi Saint et du Samedi Saint, dans toute la mesure du possible, maintenons à la maison une atmosphère de silence et de recueillement car ce sont  des jours de deuil, de jeune et de pénitence. La télévision restera fermée, nous éviterons les jeux électroniques et la musique, nous tâcherons de nous priver un peu sur le plan alimentaire en ne prenant  qu’un seul repas, très simple et sans viande. En tant que parents, il nous revient de donner l’exemple. Nous goûterons la joie de Pâques avec d’autant plus d’intensité. Bonne Semaine Sainte et joyeuse fête de Pâques à tous.

Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme.