Mar 042011
 

Mercredi 2 mars 2011

 Bientôt le Carême, temps fort de l’année liturgique qui nous prépare à la fête de Pâques et nous fait redécouvrir le Mystère de la Rédemption, Mystère du Sacrifice Saint et Parfait qui nous sauve.

Le Carême est un temps privilégié de prière et de pénitence qui dure 40 jours (très exactement

6 semaines et 4 jours, les dimanches n’étant pas comptés dans ces 40 jours. Le carême commence donc un mercredi, le mercredi des Cendres, pour compléter le nombre de jours de pénitence à 40). Ces 40 jours de Carême correspondent aux 40 jours de Jésus au désert après son baptême dans le Jourdain par Saint Jean Baptiste. Cette durée de 40 jours se trouve une douzaine de fois dans l’Ancien Testament : le déluge, le séjour de Moïse sur le Sinaï, la marche d’Elie dans le désert, le délai donné aux habitants de Ninive…..

Par ailleurs, la traversée du désert par les hébreux a duré quarante ans….On trouve aussi des intervalles de 40 jours dans le calendrier liturgique : entre Noël et le 2 février, entre Pâques et le jeudi de l’Ascension.

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Le Carême se termine la nuit de Pâques par la Veillée Pascale au cours de laquelle nous fêtons la Résurrection de Jésus, son passage de la mort à la Vie. Pendant le Carême, l’Eglise nous convie à la pénitence par des signes sensibles : le prêtre porte des ornements violets et nous ne chantons plus ni le « Gloria » ni l’ « Alléluia ». Nous retrouvons cependant les ornements blancs pour certaines fêtes qui ont lieu pendant le Carême comme la fête de Saint Joseph le 19 mars, l’Annonciation le 25 mars et bien sûr le Jeudi Saint, fête de l’Eucharistie par excellence.

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L’Eglise inaugure le temps de Carême par le Mercredi des Cendres, cette année le mercredi 9 mars.

Ce jour là, à la Messe, les fidèles sont marqués d’une croix de cendres sur le front. En recevant les cendres sur notre front, nous entendrons l’une ou l’autre de ces deux phrases :

« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »

« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile »

Ce geste nous rappelle que nous ne sommes rien si nous n’acceptons pas la présence et la grâce de Dieu dans notre vie. La cendre ou la poussière est l’image du péché et de la fragilité de l’homme, ce qui lui reste de son corps après la mort qu’il est amené à subir un jour ou l’autre par suite du péché. Recevoir les cendres, c’est nous reconnaître pécheurs et implorer le pardon et la miséricorde de Dieu qui ne manquent jamais à ceux qui s’humilient du fond du cœur et sont prêts à se convertir, c’est-à-dire à se tourner résolument vers Lui. Il s’agit surtout de nous détourner de tout mal, de redécouvrir la grâce que nous avons reçue à notre baptême, grâce qui fait de nous des enfants de Dieu appelés à suivre le Christ avec toujours plus de générosité, d’authenticité et de fidélité.

Dans l’Ancien Testament, se couvrir la tête de cendres et jeûner sont les gestes et les signes traditionnels de pénitence, de repentir, de conversion du cœur. C’est aussi un signe d’humilité de l’homme qui se reconnaît tout petit devant Dieu. Pour obtenir le pardon de Dieu, il ne suffit pas de regretter le mal qu’on fait, il faut surtout quitter ses mauvaises habitudes et se retourner de tout son cœur vers Dieu.

N’hésitons pas à emmener nos enfants à l’imposition des cendres, même les plus petits, en leur expliquant la signification de ce rite dès qu’ils sont en âge de le comprendre. En recevant les cendres avec foi, nous recevons des grâces particulières qui nous aideront à bien vivre le Carême.

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En ce temps de Carême, les yeux fixés sur Jésus-Christ au désert pendant 40 jours, à son exemple, entrons avec Lui dans le combat contre le mal. Il prie, Il jeûne, et Il  subit les tentations du Démon.

Le Carême est pour nous l’occasion de prendre conscience de l’immense bonté de Dieu et de la gravité de notre péché. Ce temps de purification, de pénitence et de conversion est nécessaire pour pouvoir goûter ensuite la Joie de la Résurrection  et bénéficier du mystère de la Rédemption par lequel Jésus nous rend participant de sa Divinité, en faisant de nous de vrais enfants de Dieu appelés à la Vie Eternelle par Lui, avec Lui et en Lui. Pendant le Carême, à la suite du Christ notre Sauveur,  nous mourons au péché pour revivre à la vie d’enfant de Dieu lors de la Veillée Pascale. C’est un temps privilégié pour remettre Dieu au centre de notre vie afin de mieux correspondre à ce qu’Il attend de nous. Ce retour à Dieu, ne peut pas se faire sans combat contre le démon, sans lutte contre nos diverses mauvaises tendances, nos résistances à la grâce, nos mauvaises habitudes, notre amour propre…Ce retour à Dieu nous obtient la joie de la réconciliation du pécheur qui se sait pardonné. Le Carême est donc le temps favorable pour faire une sincère révision de vie et accueillir la grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence. Encourageons-nous mutuellement à le faire…..

Le temps de Carême comprend donc deux parties bien distinctes :

Le temps de la purification de notre âme qui correspond aux 40 jours de Jésus dans le désert.

Le temps de notre union à la Passion de Jésus notre Sauveur : sa Passion acceptée volontairement et offerte avec amour pour nous sauver est l’Acte de notre Rédemption.

Trois grands axes d’action sont traditionnellement indiqués par la liturgie pour le Carême: Les 3 P

Prière : prendre le temps de prier plus souvent avec humilité, fidélité et persévérance, seul et en famille.

Pénitence intérieure et extérieure : jeûne, abstinence, actes de réparation, esprit de sacrifice…..

Partage : aumône, actes de générosité, penser aux autres avant de penser à soi….

Le Carême est généralement le bon moment pour prendre quelques bonnes résolutions (pas trop à la fois !) seul ou en famille…pour combattre nos mauvaises tendances ou habitudes…sans nous décourager. Ne craignons pas de montrer à nos enfants que nous faisons aussi des efforts de carême…   Pour entraîner nos enfants sur ce chemin de conversion nous avons à leur donner l’exemple… pour la vie de  prière, le devoir d’état, le pardon mutuel, la réforme de notre caractère, la lutte contre nos défauts, l’attention  aux autres…. Tous, enfants et parents, nous sommes invités à lutter contre nos faiblesses et nos mauvaises  habitudes. Nous ne pouvons pas demander à nos enfants un effort que nous ne faisons pas nous même !…. Nous  tâcherons de les guider et de les aider à tenir leurs résolutions, de les soutenir et de les encourager dans leurs  efforts…..

Voici quelques idées de résolutions ou d’efforts qui peuvent être proposés aux enfants :

Obéir tout de suite, faire ses devoirs avant de jouer ou d’aller sur l’ordinateur, arrêter de jouer pour rendre service, dire toujours la vérité, ne pas dire du mal des autres, penser d’abord aux autres avant de penser à soi, ne pas se moquer des autres, faire sa prière même si on n’en a pas envie,  céder pour éviter une dispute, être bon joueur,  ne pas se mettre en colère, accepter un déception sans être de mauvaise humeur, ne pas s’énerver, être patient,  garder le sourire dans les difficultés, supporter quelque chose de pénible sans se plaindre, savoir dire merci, ne pas grogner ni bouder, voir le bon coté des choses et garder le sourire dans les contrariétés, ne pas se plaindre, lutter contre la gourmandise, lutter contre la paresse (pour se lever le matin, pour son travail, pour ranger ses affaires, pour rendre service…) faire les premiers pas pour demander pardon et se réconcilier, ne pas se venger, se priver de quelque chose dont on a envie….….

Certains points de lutte sont aussi valables pour nous adultes ! Ne soyons pas étonnés de constater que, parfois, nos enfants sont plus généreux et volontaires que nous… !

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Pour les enfants, 40 jours est une période assez longue…afin d’éviter tout découragement, il faudra varier les efforts et les résolutions. Pour soutenir l’effort et renouveler l’intérêt des enfants pendant le Carême, quelques supports concrets sont nécessaires :

Idée : écrire les efforts énumérés ci-dessus sur des petits papiers et les mettre dans une corbeille…le soir après la prière, chaque membre de la famille pioche un petit papier…ce sera son effort pour la journée du lendemain (il a la possibilité de changer si cela ne lui va pas). Chaque soir, dans le fond de son cœur,  chacun fera son examen de conscience sur l’effort particulier pioché.

Au catéchisme, chaque enfant recevra un « chemin de Carême ». Il pourra chaque jour noter ses efforts personnels sur trois points : prière, bonnes actions, efforts et sacrifices. (le site prierenfamille.com, doc 221) Il existe aussi le calendrier de Carême sur le modèle de celui de l’Avent (même site)

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En conclusion, je dirais que le plus important est de nous habituer, enfants et adultes,  à relier nos efforts et nos renoncements à ceux de Jésus : c’est par amour pour Lui,  pour Lui ressembler que nous les faisons et que nous les offrons à la Messe en les déposant spirituellement  sur l’autel par une prière intérieure,  afin de les unir à sa Passion, à son Sacrifice Pur, Saint, Parfait qui répare tous nos péchés et nous donne accès à la Vie Eternelle par Lui, avec Lui et en Lui.…Le Seigneur ne nous sauve pas malgré nous, il nous invite ainsi à coopérer à  notre salut et au salut du monde, à participer à son Œuvre de Rédemption… Ce qui donne à nos actes une valeur méritoire, surnaturelle et éternelle, c’est de les faire par amour pour Dieu afin qu’ils deviennent des offrandes qui Lui plaisent. Si nos enfants savent cela, avec la grâce de Dieu,  ils seront généreux et exprimeront ainsi concrètement leur désir, non seulement de bien faire, mais de devenir des saints… N’est-ce pas ce que nous voulons pour eux et ce à quoi ils sont appelés par Dieu de par leur baptême ?

Je vous souhaite à tous un très bon Carême……et une joyeuse montée vers la fête de Pâques.

Restons toujours unis par la prière pour Mgr Rechain. Prions aussi dès maintenant pour notre futur curé.

Sybil de Feydeau, Responsable du catéchisme.