jan 172012
 

Du baptême dans l’eau au baptême dans l’Esprit Saint

Chers parents,

Bonne et Sainte Année 2012 à toutes vos familles ! Nous voici déjà arrivés au baptême de Jésus célébré le dimanche après l’Epiphanie. Cette fête marque la fin du temps de Noël et nous laisse entrevoir la vie publique de Jésus et son œuvre de Rédemption.

       Une voix crie dans le désert
Le bruit court qu’un prophète appelé Jean est apparu. Poussé par l’Esprit Saint, il parcourt les rives du Jourdain et crie à tous ceux qui veulent bien l’entendre : «Faîtes pénitence, car le Royaume des Cieux est proche.» Le Royaume de Cieux tout proche dont il parle est le moment où Dieu va intervenir, par son Fils Jésus, pour apporter le Salut : La délivrance des péchés et la vie de communion avec Lui par le don de sa grâce. Chacun comprend que la venue du Messie est imminente et que pour Le recevoir, il faut changer et préparer son cœur.

       Le baptême dans l’eau : un baptême de conversion
En signe de conversion, Jean demande que l’on se plonge tout entier dans l’eau. Cet acte solennel et public s’appelle « le baptême de conversion ». Bientôt, on ajoute à « Jean » le nom de « Baptiste », celui qui baptise. Le mot « baptiser » signifie tout simplement « plonger ». Nombreux sont ceux qui demandent à recevoir ce baptême de conversion. Certains se demandent même si Jean n’est pas le Messie lui-même. Mais le prophète s’en défend vivement en disant : «  Moi, je baptise dans l’eau mais il vient celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de délier les courroies de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu…Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit Saint  descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint » (St Luc III, 16). La figure de Jean Baptiste montre la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament : Il est le dernier des prophètes et le premier témoin de Jésus. Sa mission est double : préparer le peuple à accueillir le Fils de Dieu et témoigner publiquement que Jésus est bien le Messie tant attendu qui vient inaugurer le Royaume de Dieu. Le langage métaphorique qu’il emploie est très parlant : les collines représentent l’orgueil, la vanité ; les ravins signifient les refus, les négligences, les omissions ; les chemins tortueux sont les mensonges, les hypocrisies et enfin les sentiers raboteux figurent toutes les méchancetés, les impatiences, les paroles ou les gestes blessants (St Luc III, 4-6). Le baptême de Jean est un simple rite de pénitence, de purification, qu’il ne faut pas confondre avec les sacrements de Baptême et de Pénitence. En effet, seuls ces derniers communiquent ou accroissent la vie de Dieu dans l’âme de manière efficace et ainsi nous « divinisent ». Grâce à Jésus, un nouveau baptême, le Baptême « dans l’Esprit Saint et le feu » est un sacrement qui a le pouvoir non seulement de purifier notre âme mais aussi de nous donner la vie d’enfant de Dieu.

       Le baptême de Jésus dans le Jourdain
Par son baptême, Jésus inaugure sa vie publique, encourage les hommes à se convertir, montre l’exemple et sanctifie l’eau du baptême en lui donnant une force et une signification nouvelle. Le Fils de Dieu se présente dans la file des pécheurs : Lui qui n’a jamais péché, prend sur Lui tous nos péchés, ceux de l’humanité toute entière. D’où la réticence de Jean Baptiste : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par Toi, et c’est Toi qui viens à moi. » (St Mt III, 14). Jésus se charge de nos péchés et en échange nous communiquera sa vie divine. Son baptême est l’acceptation et l’inauguration  de sa mission de Serviteur Souffrant. Il se laisse compter parmi les pécheurs et accepte d’être « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (St Jean I, 29). Déjà, Il anticipe le « baptême » de sa mort sanglante. Il est la Victime Parfaite qui s’offre en Sacrifice Parfait pour sauver l’humanité. Il accomplira pleinement sa mission réparatrice et rédemptrice en mourant sur la Croix et en ressuscitant d’entre les morts. Le baptême du Christ marque sa consécration en tant que Messie, « l’Oint du Seigneur », celui qui a reçu l’onction divine. « Dans  l’ancienne alliance, l’onction était considérée comme le signe visible de l’attribution des dons requis par la fonction, du don de l’Esprit de Dieu pour la charge. Ici, a été conférée au Christ la dignité royale et sacerdotale pour l’humanité. Désormais, Il est investi de cette mission. » Benoît XVI, Jésus de Nazareth)

      Manifestation de la Sainte Trinité
Sorti de l’eau, Jésus se met en prière pour accomplir intérieurement cette offrande de lui-même. A cette prière, répondent la voix du Père, « Celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ! » (St Luc, III, 22) et la présence du Saint Esprit sous l’apparence d’une colombe. Cette « épiphanie » de la Sainte Trinité, cette « manifestation » de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, nous montre l’éternelle et parfaite unité d’intention et d’action des trois Personnes Divines en faveur des hommes, et annonce le Salut, la Victoire du bien sur le mal, de la vie sur la mort. La voix de Dieu le Père et la présence du Saint Esprit accréditent la mission de Jésus, Messie et Sauveur. C’est ce même Baptême que les fidèles du Christ pourront recevoir, après l’Ascension et la Pentecôte, en étant à leur tour consacrés par l’invocation et la puissance de la Sainte Trinité. Par notre Baptême, nous sommes unis au Christ, plongés dans sa mort et sa résurrection, pour partager avec Lui cette vie nouvelle d’enfant de Dieu. En faisant notre signe de croix, moins rapidement, moins machinalement, soyons des manifestations de la Sainte Trinité qui habite en nous depuis notre Baptême.

       Le Carême, temps privilégié de pénitence et de conversion
Cette année, nous entrons en Carême pendant les vacances, le mercredi 22 février. Ne passons pas à côté des grâces que le Seigneur veut nous donner en ce Mercredi des Cendres pour nous aider à bien vivre le Carême. Ce jour là, avec nos enfants, faisons l’effort d’aller à la Messe et de recevoir les Cendres sur notre front pour exprimer notre repentir et notre désir de conversion comme les disciples de st Jean Baptiste l’ont fait en étant plongés dans le Jourdain. Ce geste nous rappelle que nous ne sommes que « poussière » si nous n’acceptons pas de vivre en présence de Dieu et que nous ne pouvons rien sans sa grâce. Recevoir les Cendres, c’est nous reconnaître pécheurs et implorer le pardon et la miséricorde de Dieu, c’est se détourner de tout  mal et redécouvrir la grâce reçue le jour de notre Baptême, grâce qui fait de nous des enfants de Dieu appelés à suivre le Christ avec toujours plus de générosité, d’authenticité et de fidélité.

      L’appel des deux premiers disciples et notre vocation
Après quarante jours passés au désert, Jésus revient sur les bords du Jourdain et Jean Baptiste Le montre en prononçant ces paroles : «  Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. J’ai vu l’Esprit Saint descendre du Ciel comme une colombe et reposer sur lui. J’ai vu et je rends le témoignage qu’il est le Fils de Dieu ! » (St Jean, I, 29-34). Aussitôt, André et Jean suivent le Seigneur et l’interrogent : « Maître où habites-tu ? ». Jésus répond : « Venez et voyez ». Cette invitation à se tourner vers Lui et à Le suivre s’adresse aussi à nous qui allons entrer prochainement en Carême. Comme saint Jean Baptiste, tâchons aussi de montrer le Christ aux autres car Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme.