Déc 062011
 

 

Nous venons d’entrer dans le temps de l’Avent, période d’attente qui nous prépare à l’anniversaire de la venue,  « l’Avènement », du Christ Jésus, Sauveur promis aux hommes après le péché originel, annoncé par les prophètes, tant attendu par les croyants vivant dans l’Ancienne Alliance.

Ce  temps liturgique, a pour objectif de nous  préparer en réalité à un triple avènement :

1) L’anniversaire de l’Avènement de Jésus Christ sur la terre, dans l’humble condition de son existence humaine, comme Sauveur et Rédempteur plein de miséricorde : c’est la Nativité, l’Incarnation du Fils de Dieu, qui a eu lieu il y a plus de 2000 ans en Palestine.

2) L’Avènement de Jésus Christ dans nos âmes, maintenant, dans le temps présent, si nous savons l’accueillir. Jésus Christ veut en effet  faire en nous sa demeure pour  nous délivrer du mal et nous conduire au bonheur éternel par Lui, avec Lui, et en Lui.

3) L’Avènement  de la Gloire du Fils de  Dieu à la fin du monde : nous attendons son retour à la fin des temps lorsqu’il apparaîtra plein de gloire et de majesté pour nous juger selon nos œuvres et nous ouvrir les portes de son Royaume Céleste.

Il y a donc un Avènement historique, déjà passé, un Avènement spirituel, aujourd‘hui en chacun de nous si nous faisons l’effort de  l’accueillir et un Avènement glorieux, à venir.

Sans l’Avènement historique, il ne pourrait pas y avoir d’Avènement spirituel en chacun de nous, ni d’Avènement glorieux à venir. Sans l’Incarnation du Fils de Dieu, sa mort et sa Résurrection n’auraient pas eu lieu. Il n’y aurait donc pas eu de Rédemption, c’est-à-dire, la possibilité pour nous les hommes, d’être, sauvés du péché et unis pour l’éternité «  à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. »

Nous devons donc tout spécialement remercier le Sauveur de son  Avènement historique, lui demander de réaliser en nous son Avènement spirituel et nous préparer au mieux à son Avènement glorieux par notre vie de foi, d’espérance et de charité.

Dans ce contexte de l’Avent, la fête de l’Immaculée Conception qui a lieu le 8 décembre, nous aide à attendre et à accueillir notre Sauveur  avec la Vierge Marie, la nouvelle Eve. Cette fête nous donne l’occasion de rendre grâce à Dieu Notre Père de tout le soin qu’Il a pris pour préparer l’Avènement historique de Son Fils sur la terre.

« Immaculée Conception » : ces mots signifient que Marie a été, dès sa conception, préservée de la faute originelle. Ainsi, dès le premier instant de son existence, elle a été dans un état de sainteté parfaite, avec toute la plénitude de la grâce de Dieu en elle. C’est pourquoi on dit qu’elle est « comblée » de grâce. (Luc, I, 28)

Cette grâce toute particulière, don gratuit et singulier, de la conception immaculée de Marie est un privilège unique qui lui a été accordé par Dieu en vue de sa maternité divine, en application anticipée des mérites de Jésus Christ, le Sauveur de tout le genre humain. La très Sainte Vierge a donc reçu par anticipation la grâce de la Rédemption par les mérites de son propre Fils. Préservée intacte de toute souillure du péché originel, Marie, par la grâce de Dieu, est ensuite restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie et a pu ainsi être une mère parfaite pour ce Fils Rédempteur, à la fois pleinement Dieu et homme, qu’elle a porté en elle, guidé et accompagné sur la terre pendant des années, soutenu pendant sa Passion et sa Mort sur la Croix.

Au long des siècles, l’Eglise a pris conscience que Marie, « comblée » de grâce par Dieu, avait été rachetée dès avant sa conception. Cette vérité de foi est affirmée par l’Eglise à travers le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé le 8 décembre 1854 par  Pie IX.

Moins de quatre ans plus tard, à Lourdes, Marie confirme cette définition en disant à Bernadette : « Je suis l’Immaculée Conception ». Cette vérité se trouve pourtant déjà clairement annoncée dans l’Ancien Testament.

Marie est : « Pure comme un soleil » Ct VI, 9 ; « Le lis entre les épines » Ct II, 2

« L’amie toute belle en qui il n’y a pas de tâche » Ct IV, 7

« Le tabernacle sanctifié par le Très-Haut,  Dieu est en elle, elle ne peut chanceler » Ps 45, v 4

Cette vérité de foi a toujours été très vivante dans la piété populaire envers la très Sainte Vierge Marie. Sa dignité de Mère de Dieu demandait en effet qu’elle soit, dès le premier instant de son existence, parfaitement pure. La proclamation solennelle du dogme de l’Immaculée Conception n’a donc fait que ratifier ce qui était déjà inscrit dans la tradition chrétienne.

La conception sans tache de Marie est la première Victoire du Christ sur le péché et sur le démon, victoire que Dieu avait prédite à Satan dès l’origine de l’humanité (Gn, III, 15). Parce qu’elle est toute pure, Marie est « la nouvelle Eve », la Femme qui brise la tête du serpent, l’ennemi du genre humain, le diable.

Parce qu’Il l’a comblée de grâce, Dieu rend Marie capable de répondre à l’ange Gabriel : « Qu’il me soit fait selon votre parole ». A travers son plein consentement, son adhésion totale au projet de Dieu qui la dépasse et veut faire d’elle la Mère du Christ, la « Servante du Seigneur » accepte d’être la « Demeure du Saint Esprit », « Cause de notre joie », pour donner aux hommes le Sauveur tant attendu. Par elle, Dieu se fait homme.

C’est le début de la « nouvelle création » que Dieu veut faire de chaque être humain, s’il le veut bien, en rétablissant en chacun la plénitude de la grâce pour le rendre saint.

Parce qu’elle est  la première de la multitude des sauvés, des saints du Ciel, et parce qu’elle nous a été donnée pour Mère par son propre Fils sur la Croix lorsqu’Il a dit à saint Jean : « voici ta mère », ayons souvent recours à la Très Sainte Vierge en lui disant :

« O Marie conçue sans péché, priez pour  nous qui avons recours à vous ».

Elle saura nous conduire à son Divin Fils.

Avec nos enfants, du 30 novembre au 8 décembre, préparons-nous à cette grande fête de l’Immaculée Conception en remerciant tout spécialement la Vierge Marie de nous avoir donné son Fils, notre Sauveur.

Il existe à Lyon et dans sa région, une belle coutume : le soir du 8 décembre, les fenêtres des maisons s’éclairent toutes de lumignons et la ville entière s’illumine….Cette belle coutume s’étend maintenant dans toute la France : En famille, en paroisse, nous pouvons contribuer à son extension. Nous pouvons aussi dire en famille la neuvaine à l’Immaculée Conception, fleurir la statue de la Sainte Vierge dans notre maison, penser à dire plus souvent la belle prière de l’Angelus, lire à nos enfants l’histoire des apparitions de la Sainte Vierge à sainte Bernadette et bien sûr  faire la crèche….

Que ce temps de l’Avent et la fête de l’Immaculée Conception nous donnent l’occasion d’honorer et de consoler avec gratitude la Très Sainte Vierge et son Divin Fils, eux qui sont si souvent objets de mépris, d’insultes et tournés en dérision dans notre société laïciste.

                                                                    Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme.