Fév 202011
 

Nous sommes le « Temple de Dieu », nous dit Paul, et c’est sur ses conséquences pratiques que l’apôtre veut attirer l’attention. C’est là que Dieu habite et qu’Il veut faire l’unité entre tous ces hommes afin qu’Ils puissent réaliser cette communion où chacun trouve sa vérité et la plénitude de sa vie. Ce Temple qui, à la fin des temps sera le lieu parfait de la présence de Dieu parmi les siens. Paul en perçoit déjà l’existence culturelle : c’est la communauté chrétienne.

On a rapidement compris que le Temple de Jérusalem ne pouvait plus être le Temple du nouveau peuple de Dieu ‑ le véritable temple sera désormais le corps du Christ ressuscité. Jésus est le signe définitif de la présence divine : « Emmanuel; Dieu avec nous ».

La nouvelle alliance instaurée par Jésus a besoin d’un temple et c’est l’Esprit-Saint qui remplace les « Tables de la Loi ». Dans l’économie nouvelle,  l’Arche d’Alliance n’est autre que l’Esprit‑Saint, c’est‑à‑dire, l’Église qui, elle est aussi est le corps du Christ. Comme l’endroit le plus sacré du Temple de Jérusalem, la communauté chrétienne est la propriété exclusive de Dieu, Il se l’est mise à part et il est normal qu’elle soit protégée, comme le Temple : « Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, Dieu le détruira ! ». En disant cela, Paul pensait aux Corinthiens divisés à propos de leur chef spirituel, et qui, de ce fait, détruisaient le temple. Si les Chrétiens sont devenus des « sages » au regard de Dieu, leur pouvoir est fondé sur la soumission au Christ, lui‑même soumis à Dieu. On remonte à la source de tout unité, de toute sagesse et de toute spiritualité. « Vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu ».

C’est pourquoi le Christ n’hésite pas à nous proposer une autre lecture de la loi mosaïque ‑ la lumière du Nouveau Testament n’éclipse pas cependant celle de l’Ancien : l’affirmation d’Exode 34/6‑7 traverse comme un refrain toute l’histoire d’Israël . « Dieu de tendresse et de pitié » La révélation de l’amour de Dieu n’est‑elle pas entendue en Osée (2/21‑22) ou encore dans le Psaume 145 ? A cela, cependant, le Nouveau Testament ne peut ajouter qu’une seule lumière qui, elle, est décisive, unique et irremplaçable: cette pitié, cet amour, cette tendresse du Dieu de nos Pères se sont révélés en Jésus‑Christ.

La nouveauté qu’apporte l’Évangile à l’Ancien Testament c’est donc le Christ lui‑même. Il est la Théophanie du Père. Ce n’est qu’en lui que l’Alliance Sinaïtique devient à la lettre une alliance nouvelle et éternelle. Le mystère de l’Écriture Ancienne et nouvelle, celui du Lévitique et du « Sermon sur la montagne », c’est le mystère du Christ lui‑même.

La perfection de Dieu qui doit être la nôtre, est celle de son amour. L’action des fidèles révèle ainsi au monde la nature interne du Père : « Dieu est Amour ».

Père Denys THOUARD

Lectures dominicales du 20 février 2011