Nov 212014
 

C ‘est le dernier message public de Jésus avant la passion. Le trône de gloire et le jugement ce sont les attributs de Dieu. Le Fils de l’homme les reçoit comme Roi du monde. Pour que nous soyons rois comme lui « Recevez en héritage le royaume ». Nous sommes tous les ministres de ce Roi. Les méchants et les bons… Il y a en nous une face de lumière et une face de ténèbres. Une vie royale et une vie d’égoïsme et de solitude.

Dans l’indouisme on raconte cette histoire : il était une fois un Roi, le plus puissant de tous les rois et très bon. Mais son royaume était si vaste que son peuple ne le connaissait que de très loin. Le Roi envoyait des ambassadeurs, écrivait des lettres à son peuple. Cela ne servait à rien : il restait toujours l’inconnu.

Alors le Roi décida d’aller parler lui même à son peuple. D’aller sur place avec fanfares carrosses et fêtes splendides sur son passage pour que tout le monde le voit bien. Mais quand le Roi était reparti chacun se retrouvait encore plus malheureux qu’avant et oublié dans son coin. Le Roi comprit que son peuple ne l’aimait pas davantage.

Alors le Roi décida de revenir au milieu de son peuple sans se faire reconnaître, incognito, comme n’importe qui dans la rue. Cette fois il était pauvre comme les pauvres, malade comme les malades, il avait faim avec ceux qui manquent de tout, il était même en prison. Il connaissait par le dedans la souffrance des gens.

Ses ministres lui dirent : « Majesté ! Vous serez bien avancé une fois que vous aurez partagé la souffrance de quelques uns. Mais vous ne pourrez pas être partout avec tous ceux qui souffrent et qui sont si nombreux ! »

Alors le Roi leur dit : « je pousserai les gens à s’occuper des autres dans leur misère. De proche en proche je transformerai mon royaume. Et je leur dirai : chaque fois que vous aurez aidé quelqu’un qui souffre, c’est moi que vous aurez aidé. Et ce sera vrai parce que je serai dans le cœur de chacun d’eux dans le moindre des actes d’amour de leur vie quotidienne.

Et Saint Augustin disait : « Que personne ne s’imagine que c’est celui qui tend la main qui reçoit. Celui qui reçoit c’est celui qui donne. Donne au Christ, il s’engage à te le rendre. Et tu es surpris qu’il ait pu recevoir quelque chose de toi. « J’ai eu faim et tu m’avais donné à manger ? » Moi, dit Jésus, c’est pour les miens que j’ai reçu. J’ai reçu et je rendrai. J’ai reçu du pain : je donnerai de la vie. J’ai reçu l’hospitalité : je donnerai ma maison. Prisonnier vous êtes venus me voir : je vous donnerai la liberté. (sermon 86) ».

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 23 Novembre