Déc 072018
 

Saint Jean-Baptiste en tant que Précurseur historique du Sauveur est l’exemple parfait à suivre pour tous ceux qui ont reçu la mission de faire grandir dans la foi les âmes dont ils ont la charge. Qu’ils soient prêtres, religieux, religieuses ou parents, leur seule tâche consistera, en un sens, à former et à préparer les cœurs en vue de leur rencontre avec le Christ Seigneur. Tout en n’étant que les précurseurs et les serviteurs de cette œuvre insigne, ils n’en seront pas moins les témoins de cette relation amoureuse d’une personne avec son Dieu, comme les entremetteurs de deux futurs époux ou les initiateurs de leur premier dialogue, rien d’autre.

Mais telle est leur joie, toute leur joie, leur unique joie. Et la plénitude de cette joie, c’est lorsqu’ils peuvent enfin s’effacer pour laisser toute la place au seul Seigneur. Quand, ayant accompli leur tâche, ils peuvent enfin rentrer dans l’ombre et même disparaître, joie spécifique du travail accompli, joie de voir leurs fils et filles grandir dans l’Esprit Saint et même parfois les dépasser en grâce et en sainteté, vivre des choses apparemment plus fortes, ou recevoir des charismes plus spectaculaires que les leurs. Loin d’être envieux ou jaloux, il leur faut alors déborder d’actions de grâces. C’est à ce moment-là que les éducateurs, quels qu’ils soient, ressentent le bonheur de voir ceux qu’ils ont préparés, prendre véritablement leur essor car ce ne sera qu’à ce moment que ces derniers deviendront des adultes dans la foi. C’est assurément ce que doivent ou devraient ressentir tous les parents à l’égard de leurs enfants. Car ils sont dans la tâche confiée à eux par le Souverain Créateur comme des Jean-Baptiste à l’égard de tous chrétiens. En plus de les engendrer à la vie humaine, il leur faut les engendrer à la vie spirituelle. Et tout parent, qu’il ait eu ou non un rôle spirituel au sens le plus fort du terme, doit un jour ou l’autre s’effacer devant ses enfants devenus adultes.

Après ces longues années à les former, à les éduquer, à prêcher dans le désert, à lesélever au prix parfois d’infinies souffrances, d’innombrables sacrifices, voici venue l’heure où ils doivent vivre un second engendrement là aussi dans la douleur. L’heure de les voir quitter la maison, s’élancer dans la vie, construire leur propre vie. Cette heure douloureuse, se prépare longtemps à l’avance, en renonçant dès l’enfance à les posséder,pour simplement les élever, c’est à dire les faire grandir jusqu’à la stature du Christ.Tous doivent ainsi prendre pour modèle ce Jean-Baptiste, préparateur et précurseur.C’est le même effacement simple confiant et joyeux qui est demandé à tout pasteur dans l’Eglise. Savoir s’effacer pour que l’âme qu’il a préparée et formée, une fois sa mission accomplie, prenne sa stature d’adulte.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 9 décembre