Mai 112012
 

Pourquoi cet article ? Pour mettre un peu de poésie dans notre feuille paroissiale, pouvoir s’évader, rêver…Y a-t-il un mois plus beau que le mois de mai ? A Rome, il fait déjà chaud, mais c’est une chaleur bienfaisante, loin de celle de l’été, si étouffante, qui faisait fuir jadis Pape, Cardinaux et autres prélats, mais aussi collèges et séminaires, vers la fraîcheur des Castelli Romani, les Monts Albans où ils avaient leur villa. Ah ! Comme elles sont douces ces soirées romaines ! Surtout en parcourant les ruelles des vieux quartiers, ou bien assis à la terrasse d’une hosteria, vieux bistrot romain, ou une « gelateria » ! Soudain, l’Angelus fait oublier les nourritures terrestres pour élever l’âme vers la Vierge Marie. A Rome, les sanctuaires, les chapelles, les oratoires dédiés à la Mère de Dieu se comptent par centaines ; et par milliers, peut-être, les œuvres d’art la représentant, encore très vénérées, patinées par la fumée des cierges et de l’encens. Comme si toute la détresse d’une humanité priante s’y était, en quelque sorte, collée. Chacun a « sa » Vierge Marie, depuis les vénérables icônes attribuées à St. Luc – comme s’il avait passé sa vie à peindre ! – les mosaïques, les toiles des grands maîtres, jusqu’aux images les plus populaires: cette Bonne Mère a toujours un regard de tendresse et de miséricorde.

Au cours de l’histoire de l’Eglise, les écrits des Pères et des Docteurs, les développements doctrinaux, le zèle des Saints et la piété du peuple chrétien, ont contribué à ajouter de nouvelles gemmes à la couronne glorieuse de la Reine des Cieux. Ainsi les titres des églises dédiées à Notre-Dame sont comme des litanies. Elle a le titre de Reine des Prophètes, dont elle accomplit les prophéties. Elle est aussi la Reine des Apôtres qu’elle encourage et soutient. Aux catacombes Sainte-Priscille, on la voit assise, tenant dans ses bras l’Enfant qui semble chercher le sein de sa mère. Un personnage mystérieux se tient à ses côtés, montrant une étoile : est-ce la vision de Balaam ? Au Concile d’Ephèse, la vierge Marie est proclamée Théotokos, Mère de Dieu, et Sixte III lui dédie une basilique grandiose aux superbes mosaïques : Sainte Marie-Majeure, dont les éléments essentiels datent de ce pontificat (432-440). Le jour de la fête de Ste Marie-des-Neiges, pendant le Magnificat, une pluie de pétales blancs tombe du plafond, en souvenir de la neige tombée miraculeusement un mois d’août.

Des milliers de bravos !

 Très grand merci pour le spectacle sur la vie de Saint Vincent de Paul que nous avons eu la chance de voir interpréter par des enfants et des adolescents de la paroisse.

Merci à tous ceux qui ont œuvré pour la réussite de ce spectacle (mise en scène, décors, costumes, chœurs parlé et chanté, musique, et lecteurs).

L’Angelus, terme du soir, achèvera notre pèlerinage, en propageant son tintement à travers la Ville Eternelle, pour nous rappeler le « Fiat » de Marie à la Rédemption. A l’heure où les ombres s’allongent au pied des arcs et des colonnes tronquées du Forum – inéluctable écoulement du temps, négligence inévitable des hommes – il sonne comme un glas sur ces ruines, souvenir de tant de gloires, nous rappelant que tout a une fin sur cette terre. Mais, moment unique de grâce, commencement de notre salut, le « Fiat » joyeux de Marie traverse toutes les époques de notre histoire. La pénombre envahit peu à peu les antiques basiliques. Seuls quelques cierges éclairent en tremblotant le doux visage de Marie plein de tendresse comme une mère, intime confidence, instant d’éternité. Désormais, la nuit étend son manteau noir sur la ville, mais nous resterons dans l’attente trépidante de voir paraître l’Etoile du Matin, qui à travers les épreuves de la vie, nous indique le chemin vers son Fils Jésus, le Soleil de Justice – qui nescit occasum – qui ne connaît jamais de coucher. Du Ciel, au mois de mai, la Vierge Marie nous sourit et nous rassure : ô tendre mère, remplissez nos cœurs, d’Amour et de sainte Espérance.

Don Carlo Cecchin

 Lectures dominicales du 13 mai