Mar 162012
 

Dans l’antiquité le serpent était l’image de la vie qui recommence puisque le serpent mue. Il quitte sa vieille peau et semble retrouver une nouvelle jeunesse. Regarder un serpent pour guérir est peut être de la magie, de la superstition. Moïse dit aux malades : « Faites-vous un serpent de bronze si cela vous rassure mais c’est Dieu qui vous guérira si vous levez les yeux vers lui ».

Jésus sera élevé. Il montera vers son Père, avec les plaies mortelles de la Croix. C’est la volonté de Dieu. Nous lèverons les yeux vers la Croix de Jésus. Et cette foi, nous fera monter avec Jésus vers le Père. Avec notre pauvreté, nos souffrances et nos péchés. Il les prendra sur lui. Jésus nous donne une nouvelle pureté. Non seulement nous sommes guéris mais nous montons jusqu’à Dieu.

Voici maintenant une affirmation étonnante : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Quelle est donc la valeur si grande de ce monde qu’il mérite de recevoir le Fils Bien Aimé de Dieu ? Lui qui a interdit à Abraham de se priver de son fils unique ! A cause de cela Abraham est devenu le père d’une descendance infinie. Dieu en donnant son Fils va devenir le Père d’une multitude innombrable. Et le monde auquel Dieu donne son Fils va devenir sa famille. Comme si l’amour qui est en Dieu le poussait à remplir de cet amour tout ce qui n’est pas Dieu.

Comme la lumière fait jaillir de l’ombre ce qu’on ne pouvait pas voir encore. La lumière vient d’une source. Elle fait exister. Elle fait comprendre et aimer. Elle est la vérité. La ténèbre déforme la vérité. Mais la lumière dont parle Jésus n’est pas un simple éclairage. Elle est l’intervention de Dieu lui même ainsi dans la Genèse où Dieu dit : « Que la lumière soit ! » Comme si Dieu voulait nous dire « J’existe pour vous comme Lumière ! » Pourquoi avons-nous peur de cette lumière ? Avec Jésus il y a désormais un conflit entre la ténèbre et la lumière. La lumière, dit Jésus, elle est le mouvement de Dieu qui vient vers nous pour nous faire exister.

Il est question aussi d’un « jugement ». En hébreu juger c’est décider sans appel. Dieu a décidé de donner son Fils. Entre l’infinité indicible de la divinité et la non existence des être créés, Dieu a voulu un lien réel et définitif. Dieu

prend avec lui notre néant pour y habiter… Il faut l’accueillir sans condition, dans une confiance, totale en Jésus. Sinon nous ne somme plus rien. Dieu peut souffrir, à sa manière, parce qu’il nous veut amoureux de Jésus. Mais rien ne peut empêcher cet amour qui est en Dieu de gagner. Maranatha ! Viens Seigneur !

Abbé Georges PÉriÉ

 Lectures dominicales du 18 mars 2012