Oct 072018
 

Mois du Rosaire

Le 29 septembre, fête de St Michel Archange, par un communiqué de presse du Vatican, le Pape invitait tous les fidèles à prier le chapelet pendant le mois du Rosaire : « pour protéger l’Église du diable ». Dans l’esprit du Pape, cette prière quotidienne du chapelet doit permettre aux catholiques « de s’unir en communion et en pénitence, comme peuple de Dieu, pour demander à la Sainte Mère de Dieu et à Saint Michel archange de protéger l’Église du diable qui cherche toujours à nous séparer de Dieu et à nous diviser ». Il a également invité à réciter la prière de Léon XIII à St Michel et également la belle prière Sub Tuum Praesidium : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse et bénie », sans doute la prière la plus ancienne adressée à la Ste Vierge (IIIe s.). Tous devraient apprendre par cœur ces deux prières. La T.S.Vierge Marie est la Mère de l’Église et le glorieux Archange en est le protecteur. Inutile de vous dire que l’Église est actuellement en proie à une tempête terrible à cause des problèmes moraux que vous savez, mais ils sont, en quelque sorte, le reflet de la crise de la Foi elle-même. Les ennemis sont à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Église. C’est pour cette raison que, justement, le Pape nous invite à la récitation du chapelet, car c’est la prière par excellence en cas de détresse, de danger, de problèmes familiaux, d’épidémies, de guerres, de disette, de défense de la Foi. Le chapelet a été également toujours associé aux victoires de Marie et de l’Église. C’est grâce au chapelet que la flotte chrétienne a pu vaincre la flotte turque à Lépante le 7 octobre 1571, en conjurant une invasion en Europe. Certes, les temps ne sont plus les mêmes, ou plutôt si, mais en pire… On me dit souvent qu’on a du mal à réciter le chapelet, que c’est ennuyeux. Lorsque je conseille le chapelet en général et en particulier aux personnes âgées, souvent elles me répondent qu’elles ont du mal à réciter ne serait-ce qu’une dizaine ; Pourtant, par cette prière, ils auraient une vision plus spirituelle de leur vie qui n’est pas toujours facile, plus de courage et de confiance aussi ; Tous les après-midis on peut suivre le chapelet des malades de Lourdes, sur KTO ou sur Radio Notre Dame. Pour prier le chapelet, faut-il attendre d’en avoir envie ? On ne le dirait jamais, ou presque, sauf, peut-être, quand on a quelque chose à demander à Dieu…Pourtant, ce n’est pas pour plaisanter que la Ste Vierge à Fatima nous a demandé de réciter le chapelet contre les maux qui affligent le monde. Si le chapelet nous devient familier, les doux noms de Jésus et de Marie seront toujours sur nos lèvres, comme une louange qui ne cesse jamais ; ils seront aussi sur nos lèvres au dernier soupir, et seront les premiers que nous prononcerons en allant à la rencontre du Seigneur et de la Vierge Marie. Oui, c’est avec les noms de Jésus et de Marie sur mes lèvres que je veux quitter ce monde…Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus nous assure que : « par le chapelet on peut tout obtenir », et elle ajoute : « selon une gracieuse image, c’est comme une longue chaîne qui relie la terre au Ciel : un bout de celle-ci est dans nos mains, mais l’autre est dans les mains de la Ste Vierge (…). Le chapelet monte au Ciel comme de l’encens jusqu’aux pieds du Tout-Puissant, et Marie le renvoie sous forme d’une rosée bienfaisante qui régénère les cœurs ». Si vous saviez combien de beauté et de douceur renferme le chapelet ! Il unit harmonieusement le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père à la contemplation des principaux mystères de notre Foi, que l’on ne se remémore pas assez souvent. Dans le chapelet, la prière vocale, la voix et les lèvres, est seulement au service de la contemplation faite par le cœur ; car énoncer et contempler les mystères, c’est nous mettre en leur présence, s’y introduire tel un personnage de plus, les « savourer » avec un regard plein de foi, d’amour et de confiance, c’est entrer dans un jardin spirituel pour s’y réfugier face à un monde qui essaye de nous faire oublier Dieu : oui, c’est entrer dans la roseraie, le jardin de Marie. Notre religion n’est-elle pas celle de l’Incarnation, de la contemplation de Jésus, image du Père ? Être catholique n’est pas seulement apprendre dans des livres, fussent-ils saints – autrefois, beaucoup ne savaient pas lire – mais aussi « regarder », contempler, apprendre d’une Mère, la Vierge Marie, en inclinant la tête sur son cœur, comme un enfant qui trouve ainsi la paix et le repos ; Autrefois, on apprenait en voyant les statues des façades des églises romanes et gothiques, les cycles de fresques, les calvaires, les mosaïques, etc. : c’est ce qu’on appelait la « Bible des pauvres ». Notre éternité même sera de contempler la vision de Dieu et l’humanité de Jésus transfigurée par la divinité. Ma grand-mère, par exemple, n’a jamais lu la Bible, pourtant elle avait une grande Foi, une connaissance intuitive, le sensus fidei, cet instinct surnaturel qui lui permettait de reconnaître la doctrine et la pratique chrétiennes authentiques et d’y adhérer. La Vierge Marie elle-même ne comprenait peut-être pas tout ce que faisait son Fils, mais elle « savait », oui, plus qu’aucun autre, et « conservait toutes ces choses en les méditant dans son cœur » de mère. On peut avoir suivi des cours bibliques, se croire « chrétiens adultes », et ne pas avoir assez de Foi, car Dieu se révèle à ceux qui se font petits, aux humbles, aux simples à ceux qui ont un cœur d’enfant. Ce sont eux qui ont la vraie sagesse des choses de Dieu. Le chapelet est cette prière des pauvres, des humbles, des simples, et des…saints ! Comme je trouve émouvant de voir parfois des chapelets usés, consumés même, par tant de prières. Porter son chapelet au cou, dans son sac ou dans sa poche ne sert à rien, si ce n’est pour l’avoir sous la main et l’égrener souvent…Voulez-vous survivre à ce monde devenu fou plus que jamais ? Récitez le chapelet ! Écoutons donc la parole du Pape et prions le chapelet seul ou en famille. L’Église en a besoin et vous recevrez de grandes grâces. Bon mois du Rosaire à vous tous !

Don Carlo Cecchin, vicaire

Lectures dominicales du 7 octobre