Oct 202018
 

L’Orgueil est, nous le savons, le pire de tous les défauts et le péché le plus radical qui soit en tant qu’il est celui de l’adversaire qui n’a jamais rien fait à moitié en la matière.
Pour l’éviter, il nous faut alors avec raison contempler ce que nous sommes aux yeux de Dieu. Comme le disait Pascal « Que l’homme étant revenu à soi considère ce qu’il est au prix de ce qui est » ; ou bien sainte Catherine de Sienne recevant les révélations du Seigneur : « Sais-tu, ma fille, ce que tu es et ce que Je suis ? Si tu apprends ces deux choses, tu seras bienheureuse. Tu es celle qui n’est pas et moi Je suis Celui qui suis. Si tu gardes en ton âme cette vérité, jamais l’ennemi ne pourra te tromper, tu échapperas à tous ses pièges ; jamais tu ne consentiras à poser un acte qui soit contre mes commandements et tu acquerras sans difficulté, toute grâce, toute vérité, toute clarté ».

Ainsi paradoxalement plus les ambitions sont grandes, plus il sera facile d’être humble parce que la tâche apparaîtra dans son immensité et que la disproportion de nos forces éclatera. Mais comprenons bien que l’humilité chrétienne n’est pas l’abandon pur et simple de tout projet élevé. La critique du Christ à l’égard des apôtres ne s’applique que sur l’objet de leur dessein et les moyens pour y parvenir. Avoir le souci d’être assis à la droite ou à la gauche du Seigneur, c’est désirer la sainteté, ce qui constitue le plus haut et le plus parfait plan de carrière qui soit. Cependant, le Christ nous avertit qu’une telle intention ne peut être vraie sans recourir aux moyens qu’il met à notre disposition : Sa grâce dans tous les cas et la vocation au service. En conséquence de quoi le premier dans la sainte Eglise, le Pape est-il appelé serviteur des serviteurs de Dieu, ce qu’il est en vérité. C’est ainsi que les chefs doivent réagir : être chef n’est pas une question de pouvoir et de domination mais d’autorité. Loin de vouloir embrasser le monde et ses usages le disciple du Christ doit au contraire s’en démarquer. Il doit manifester par son attitude que sa vie est ailleurs et qu’il possède un trésor, le Christ, qui n’est pas de ce monde et pour lequel il a tout vendu, pour pouvoir l’acquérir. Dans sa vie professionnelle le chrétien fera ainsi prévaloir l’idée de service sur l’idée d’intérêt, le bien commun sur le bien individuel. Mais aussi il aura à cœur de devenir un serviteur éminent donc à vouloir s’assurer non pas tant un succès qu’une valeur professionnelle éminente. Et cela par un travail acharné toujours poursuivi, en vue d’une compétence toujours accrue. Par cette phrase du Christ « Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir », le disciple prend alors conscience que la véritable valeur de la vie est de se donner, à Dieu d’abord et ensuite aux hommes.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 21 octobre