Avr 192013
 

La parabole du Pasteur et du troupeau peut-elle encore nous parler aujourd’hui ?

Dans la Bible, tout autre est la figure du Pasteur : rude nomade et vaillant guerrier. Il lui arrive souvent de se battre au péril de sa vie, comme David, contre un ours ou un lion venu ravir une brebis du troupeau.

Dans l’ancien Orient, l’image du berger s’applique aux chefs politiques. En Israël, elle est surtout attribuée à Yahweh Lui-même – puis au Roi idéal – puis au Messie, nouveau David annoncé pour la fin des temps par les prophètes, en particulier par Ezéchiel.

C’est évidemment à ces promesses que se réfère Jésus lorsqu’il déclare : « Je suis le Bon Pasteur, c’est à dire le vrai Berger. Et Il l’est, certes, en toute vérité, à l’opposé du mercenaire qui s’enfuit quand il voit venir le loup… il ne faut donc pas oublier ce contexte dans lequel se situe la parole de Jésus. Ses adversaires, prétendant juger l’envoyé de Dieu, ils se jugent eux-mêmes. Leur refus de croire manifeste qu’ils s’excluent du troupeau : « Vous ne croyez pas parce que vous n’êtes pas de mes brebis ».

Comme toujours, Jésus refuse de répondre directement à une question portant sur sa messianité : il renvoie ses interlocuteurs à ses œuvres qui doivent témoigner de lui. Les brebis ne sont nullement considérées comme des personnes ; passives mais, elles sont engagées dans l’activité la plus libre et la plus personnalisante qui soit. Les verbes employés ici sont très importants : « écouter » – « suivre » – désignent une démarche par laquelle l’homme adhère de tout son cœur à la volonté de Dieu. Invitant sans cesse le peuple à « écouter », les prophètes dénoncent souvent sa « surdité ». Ils promettent aussi que, dans les temps messianiques, les sourds « entendront » ! Voici que cette promesse se réalise maintenant : « Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connais, et elles me suivent ».

Ainsi pour l’évangéliste, la vie chrétienne n’est pas une morale, mais bien une mystique : les croyants sont déjà mystérieusement introduits dans l’intimité même du Fils et du Père. C’est pourquoi Jésus peut dire de ses brebis : « Je leur donne la vie éternelle » et « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean17).

Par la foi, Nous savons quel est le vrai pasteur et où il nous mène, quels que soient nos difficultés, nos tentations et nos combats. Une seule attitude doit nous animer : être dans « sa main ». C’est être dans la main du Père à laquelle on ne peut rien arracher. Comme le dit Saint Paul dans l’Epître aux Romains « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ Notre Seigneur ».

Abbé Denys Thouard

Lectures dominicales du 21 avril