Déc 032011
 

Le temps de l’Avent dans lequel nous sommes désormais entrés de plein pied nous met aux prises avec un personnage en tous points hors du commun : Jean le Baptiste. Son attitude, son accoutrement, ses paroles et même son régime alimentaire nous sont décrits par l’évangéliste saint Marc comme tout à fait originaux. C’est un retour à l’époque héroïque du prophète Elie et de sa geste, car comme lui le Baptiste semble sortir de nulle part, ou du moins de ce désert vaste et terrible, comme lui, il n’a pas sa langue dans sa poche, et comme lui, il devra affronter la persécution d’un roi et de sa femme. Mais comme lui il ne cédera pas devant les menaces et ne cèdera la place que devant celui qu’il annonce et dont il est le précurseur. L’annonce de Jean vient ainsi faire transition entre le soir tombant de l’ancienne Alliance et les lueurs de la nouvelle. L’étoile montante du soir qui annonçait le début du Sabbat pour le juifs et marquant la fin du jour, c’est Jean. Elle va scintiller silencieusement tout au long de la nuit ; jusqu’à ce qu’apparaissent l’étoile du matin. Jean est aussi appelé la lampe, le témoin de la lumière nous dit l’évangéliste saint Jean. Avant son lever, le Soleil du monde a voulu être précédé d’un témoin, d’une lampe « pour guider nos pas sur les chemins de la paix ». Jean-Baptiste le déclare lui-même, comme la faible lampe qui précède la lumière du Soleil : « Après moi vient quelqu’un qui est plus grand que moi, et je ne suis pas digne de défaire la courroie de sa sandale ». Mais la vertu du précurseur n’est pas définitivement passée, elle continue à porter aujourd’hui encore ses fruits de grâces, et spécialement en ce temps de préparation à Noël comme nous le rappelle saint Ambroise: « Il y a comme une vertu de Jean qui vient d’abord en notre âme pour préparer à la foi ses chemins et faire de la piste tortueuses de cette vie les voies droites de notre pèlerinage »

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 4 décembre 2011