Jan 102015
 

Nous célébrons aujourd’hui la première manifestation publique de Jésus. Sans nous attarder sur ce qui était ce baptême auquel il voulait se soumettre, ce geste fait par Jésus semble être non seulement le point de départ de toute son existence, mais il nous montre surtout le sens qu’il voudra lui donner.

Ce qui est certain, en tout cas, c’est que ce baptême est donné à des hommes conscients de leurs péchés, des hommes qui les avouent et qui en sont pardonnés. Exprimant par là même leur décision de fidélité : c’est pourquoi Jean-Baptiste est réticent lorsque Jésus se présente, mais pour nous c’est très éclairant pour saisir le fond de son cœur et l’orientation de sa demande.

Il faut d’abord noter que c’est volontairement que Jésus veut se ranger parmi les pécheurs, qu’il se veut solidaire de l’homme dans son péché, dans sa faillite spirituelle et aussi dans son repentir. C’est pourquoi le nouveau baptême offert désormais à tous les hommes les rendent participants de cette force rédemptrice qui émane de la Croix et de la Passion du Christ. Mais il ne s’agit pas seulement d’une purification d’ordre moral, il s’agit surtout d’une nouvelle Création destinée à se substituer définitivement à l’ancienne. C’est pourquoi il est très éclairant de lire et d’interpréter ce passage en le rattachant au premier chapitre de la Genèse où nous voyons l’Esprit planant au dessus des eaux qui symbolisent l’abîme et le chaos. Au jour du Baptême du Seigneur nous assistons à la seconde et définitive Création : l’Esprit est toujours là, planant sur les eaux du Jourdain, et le Verbe fait chair, en plongeant dans ces eaux, restaure définitivement toutes les créatures et entraine l’homme dans le sillage de son mystère de Mort et de Résurrection.

Par ce baptême, une participation à l’infini de Dieu nous est offerte. C’est une intimité avec Dieu retrouvée et revécue que le péché avait rompue. C’est une semence qui doit se développer et s’épanouir en forme divine, mais encore faut-il la cultiver et la garder vivante !

Et cette voix descendu des hauteurs « Celui-ci est mon fils bien-aimé… »
Cette voix souligne la bienveillance du Père qui déborde sur nous tous pour nous faire bienveillants à l’image de Dieu. Recevons donc avec soin le don de l’amour, ce qui fait que le monde est beau : il n’est en effet que de recevoir, nous n’avons rien en propre et nous ne pouvons pas nous prévaloir. Si nous sommes des enfants de la Promesse, rappelons-nous qu’à partir de pierres inertes, Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

Mais pour recevoir, il faut désirer, et pour recevoir Dieu, il faut cultiver en nous le goût de l’Absolu qui dispose à la grâce et s’accorde au divin. Le baptême, inauguré par Jésus, nous revêtant de splendeur, nous fait entrer avec lui dans la salle du festin, et près de lui, en lui, nous goûterons à la totale vérité de Dieu et nous jouirons de toute la plénitude de l’Etre.

Abbé Denys Thouard

Lectures dominicales du 11 Janvier