Jan 302015
 

Un homme tourmenté, contestataire qui s’en prend à Jésus : quelle actualité pour nous ? Nous avons aussi un problème de contestation et une image insolente capable de tuer. Aujourd’hui l’imbrication des cultures met en cause l’unité de l’humanité. Jadis il y a eu accord sur le caractère sacré de l’autorité et cela – apparemment – simplifiait la vie publique. Les valeurs de liberté et d’égalité se sont développées de manière désordonnée en dehors de toute autorité.

Jésus montre une autorité qui étonne tout le monde. Ce n’est pas parce qu’il parle et décide au nom de Dieu. C’est plutôt qu’il fait le choix des plus pauvres. De ceux qui sont écrasés par la souffrance et la société. L’autorité de Jésus les protège et leur fait découvrir leur valeur. Il répond ainsi au péché qui règne partout et qui s’exprime par le mépris des autres. Ce démon de Capharnaum nous dit aussi qu’il y a des forces obscures qui arrivent à tirer de la méchanceté de tout même de la bonne volonté de certains.

La force d’autorité que demande Jésus c’est d’abord le respect des pauvres et des victimes de l’injustice et de toutes les ségrégations et aussi bien sûr de la foi religieuse de ceux qui ne savent pas se faire comprendre et qui vivent notre pauvreté profonde devant le mystère de Dieu. C’est cette volonté de Dieu qui est à l’origine de toutes les autorités légitimes. Mais elles ne doivent pas se tromper de Dieu et servir les idoles de l’argent, du pouvoir et de l’orgueil : alors elles créent le désordre.

Il y a un lien entre l’autorité et la foi en Dieu. L’autorité entre nécessairement dans la pédagogie de Dieu qui refuse le péché. Les 10 commandements en sont la première expression. Mais il faut encore du courage et de la responsabilité pour les vivre. Le péché est une violence secrète qui est en nous et contre tous ceux qui ne sont pas nous. Aucune autre violence ne peut gagner contre cela. Au lieu d’une « contre violence » il faut nous appuyer sur une autorité.

Notre conscience morale ne suffit pas. Il ne suffit pas que chacun décide ce qui est ordre ou désordre. Bien individuel ou bien commun. Il faut une référence extérieure qui nous fasse monter plus haut. Qui va nous donner cet appui solide ? Qui va définir la bonne relation entre le gouvernant et le gouverné ? Qui va délimiter la frontière de la liberté ? La décision démocratique est tout à fait insuffisante.

Pendant longtemps l’occident a vécu dans la conviction de l’autorité divine du roi, de l’assemblée qui vote les lois. Nous ne pouvons pas dire que cela a toujours satisfait les braves gens et les a rendus heureux. Nos instances de décision actuelles viennent toujours là. Sauf que nous avons perdu leur caractère sacré. L’individualisme a rendu malades les relations entre nous.
La Bible nous parle de l’humanité comme d’une alliance devant Dieu et avec Dieu. Une alliance suppose un accord, une volonté d’entente, une promesse, une fidélité. Il faut revenir continuellement à cette idée d’alliance. Il ne faut pas l’encadrer sous des fausses images comme l’autorité de l’opinion publique ou des mass media ou l’autorité que donne l’argent et l’efficacité immédiate ou la fausse vérité des chiffres et des sondages.

Nous avons besoin de valeurs qui surpassent nos petits choix personnels. L’autorité de Jésus venait d’en haut. Il a voulu l’unité dans le respect. Mais personne ne peut remplacer l’autorité de Jésus. Voici tout de même ce que nous pouvons souhaiter (entre autres choses) à ceux à qui nous devons confier l’autorité :

Qu’ils soient convaincus que nous devenons humains seulement dans le respect et la complémentarité de nos valeurs. Ce qui suppose de voir comme une pauvreté notre indépendance individuelle.
S’ils sont croyants qu’ils rattachement leur autorité à l’aide que Dieu leur donne pour les autres. S’ils ne sont pas croyants qu’ils soient sensibles à ce que l’humanité a de surprenant dans le cosmos – au delà de toutes explication scientifique – cette inquiétude et ce désir d’un avenir heureux et cette route difficile qui nous est imposée et qui ne vient pas de nous.

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 1er Février