Mar 062015
 

La colère de Jésus nous plait bien. Nous n’aimons pas l’exploitation commerciale des lieux et des objets de cultes. Mais il fallait bien que les gens se procurent les offrandes pour la Pâque. Aujourd’hui encore il n’y a pas de grands rassemblements liturgiques sans certaines dépenses. Il n’y a rien d’immoral à cela. Le geste de Jésus a dû passer inaperçu dans l’immensité du temple et la police n’est même pas intervenue. Peut-être, y a-t-il aussi une certaine critique des sacrifices d’animaux…

Ce n’est pas cette violence de Jésus qui a choqué les autorités et l’assistance, ce sont les paroles de Jésus : « Ce temple est la maison de mon Père : détruisez le je le rebâtirai en trois jours ». Au procès devant Caïphe ce sera la seule accusation valable contre Jésus. « Il veut détruire le temple ». Est-ce que Jésus veut dire qu’il ne faut plus de lieu sacré pour honorer Dieu ? Pourquoi avons nous bâti des cathédrales ? Est ce que l’Eucharistie ne peut pas se célébrer partout, en pleine campagne ou dans un stade ?

De tous les évènements de l’Histoire Sainte, le seul que Dieu n’ait pas décidé lui même, c’est le temple à Jérusalem, une idée de David. Dieu lui a répondu que sa propre maison, Dieu la bâtirait lui même, ou plus exactement qu’il l’enfanterait… Cependant Dieu a accepté et consacré le temple de Salomon comme Dieu aujourd’hui bénit nos églises, lieux concrets de rassemblement de rencontre et d’unité. Pour la contemplation du Corps du Christ.

Il nous est dit clairement aujourd’hui que le seul temple terrestre de Dieu est le Corps humain de Jésus. Tout ce qui se passe entre Dieu et nous se passe dans le Corps mort sur la croix et ressuscité de Jésus. L’œuvre de l’Esprit Saint a été de donner un corps humain au fils Bien Aimé de Dieu pour que la Présence de Dieu entre pour toujours dans notre histoire. C’est par ce Corps né de la Vierge Marie que nous pouvons nous tenir devant Dieu d’une manière qui lui soit agréable dans notre pauvre vie terrestre et notre mort.

Les bons sentiments, les convictions, les espérances dans la prière ne suffisent pas. Mais suivre Jésus quand il livre son Corps et qu’il partage la souffrance et le combat des pauvres c’est cela que nous demandons à la Messe : être le Corps du Christ donné pour le salut de tous. Et la résurrection ne nous réveillera dans le Corps du Christ que pour continuer ces trois jours qui rebâtissent le Temple de Dieu.

L’Eglise aujourd’hui nous montre et nous donne ce Temple qui vient. Pourquoi est-elle née en Palestine plutôt qu’en Chine ? Parce qu’elle n’est pas une sorte de valeur abstraite ou générale que l’on souhaiterait pour tous les hommes, mais qu’elle est une réalité historique bien visible aujourd’hui. Elle pénètre la culture et tout ce que chaque pays a de profondément humain et nous donne d’appartenir à Dieu comme des enfants aimés par un Père. …/…

Mais tout cela n’est que la porte, le vestibule nécessaire du temple de Dieu, sa manifestation voulue dans la création. Jusqu’à ce qu’apparaisse la stature immense du Christ bien au delà de ce que nous pouvons comprendre. Jésus ne cesse de construire cette Eglise à travers les hivers et les printemps et les pauvres briques que nous sommes. Le Père nous dit comme aux trois apôtres : « Ecoutez mon Fils Bien Aimé » alors nous prenons son Corps et nous devenons le Temple de Dieu.

Abbé Georges Périé

Lectures dominicales du 8 Mars