Mar 102018
 

Comme disait Pascal :
« C’est la joie d’avoir trouvé Dieu qui est le principe de la tristesse de l’avoir

offensé et de tout le changement de vie. Celui qui a trouvé le trésor dans un champ en a une telle joie, que cette joie, selon Jésus-Christ, lui fait vendre tout ce qu’il a pour l’acheter. « Les gens du monde n’ont point cette joie que le monde ne peut ni donner ni ôter », dit Jésus-Christ même. Les Bienheureux ont cette joie sans aucune tristesse ; les gens du monde ont leur tristesse sans cette joie, et les Chrétiens ont cette joie mêlée de la tristesse d’avoir suivi d’autres plaisirs, et de la crainte de la perdre par l’attrait de ces autres plaisirs qui nous tentent sans relâche. Et ainsi nous devons travailler sans cesse à nous conserver cette joie qui modère notre crainte, et à conserver cette crainte qui modère notre joie, et, selon qu’on se sent trop emporter vers l’une, se pencher vers l’autre pour demeurer debout »( Lettre à Melle de Roannez n° 6 de début décembre 1656, OC III, éd. J. Mesnard, p. 1040 sq.)

Le dimanche de Laetare que nous célébrons nous invite à déjà passer des ténèbres de nos péchés à la lumière sans déclin de la résurrection, à quitter la tristesse pour anticiper la joie de la victoire pascale du Christ. Car le Seigneur est devenu par sa croix, ainsi qu’il le dévoile à Nicodème dans l’Evangile, le caducée de notre foi, celui qui a le pouvoir de nous conduire vers la vérité tout entière en nous menant des ténèbres à la lumière et de nous soigner des morsures mortelles du péché. Qu’importent ces serpents qui tentent de nous atteindre au talon ou ces loups qui ne rêvent que de mordre. Quand l’homme accueille la lumière et se laisse guider par elle, il agit alors en conformité avec la vérité de son être. Mais « pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes » (Andromaque de Racine)? Pour celui qui est attaché à ses mauvaises actions et qui fuit la vérité, de peur que ne soit mis à nu son mensonge. Pour les autres, ceux qui sont irradiés par la lumière divine il ne peut y a voir que la joie, cette joie que nous célébrons aujourd’hui dans ce quatrième dimanche de carême et qui nous rappelle que le cheminement terrestre, si souvent douloureux, ne constitue qu’un moment et qu’il doit déboucher sur la joie parfaite d’une vie à jamais délivrée de la mort et du péché.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 11 mars