Oct 032014
 

A travers la métaphore de la vigne, c’est toute l’histoire d’Israël qui est ici résumée, toutes les faveurs dont le Seigneur l’entoure. La libération d’Egypte, les grâces du temps du désert, l’alliance, la tente de la rencontre, la loi, la conquête de la terre promise, les victoire des juges, la royauté de David, l’empire de Salomon. Ainsi, de Moïse à Salomon, la vigne d’Israël a-t-elle grandi. Elle s’étend au Liban, à l’Egypte et du Jourdain à la méditerranée. Telle est la fidélité de Dieu à son Alliance. Il a mis dans cette vigne, toute son espérance.
Il attendait en échange qu’elle donnât du raisin. Et ceci a quelque chose de particulièrement mystérieux ; alors que Dieu pourrait tout faire par lui-même, Il espère quelque chose de l’homme.
Dieu est en effet ce vigneron qui attend tant de choses de nous, qui espère tant de choses de nous, qui voudrait tant de choses de nous. Il est ce vigneron qui a préparé le terrain où notre âme doit s’épanouir. Il ne cesse pendant toute notre vie de l’entourer de soins vigilants. Il nous a donné la vie de grâce et spécialement l’eucharistie, sève vivante qui vient vivifier les sarments greffés sur le Cep divin, si bien que le Seigneur perpétuellement communique sa vie à nos âmes.
Mais en face de cela, il y a tous ceux qui ne voient rien, qui ne demandent rien, où Dieu, malgré tous ses efforts, malgré toutes ces marques d’amour jusqu’au don de son propre Fils, semble perdre son temps, ou tout ce qu’il fait semble ne servir à rien. Et pourtant c’est bien dans ce dernier échec apparent de la parabole qui voit mourir le Fils que va surgir la vigne véritable. Dieu à ce moment modifie en quelque sorte son plan en élargissant les perspectives, et au delà de la misère du peuple c’est une autre vigne qu’il va planter, la vigne de l’Eglise dont le cep unique est Jésus-Christ. De ce cep va jaillir au cœur de cette humanité renouvelée, les fruits que Dieu attendait tant et qu’il pourra vendanger.
Désormais, la seule chose qui compte, est d’avoir en nous la force de Jésus-Christ. Alors il opérera en nous ce que nous ne pouvons opérer nous-mêmes. Seul, le Christ sur lequel nous avons été greffés peut faire en sorte que notre vigne produise des fruits, et amener dans notre vie, cet épanouissement de l’amour, ce repas des noces de l’Agneau où le vin ne fera jamais défaut.
Ainsi, l’aventure de la vigne, commencée comme l’espérance des fiançailles, dans les premières rencontres de l’époque des patriarches, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, qui s’était enfoncée dans les si nombreuses ruptures d’alliances au cours des siècles, finalement surgit à nouveau en Jésus-Christ, dans une réussite incomparable qui dépassent infiniment les promesses du début.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 5 Octobre