Mai 052012
 

Lorsque les éclaireurs de Moïse revinrent d’explorer la Terre Promise, ils rapportèrent des grappes de raisin si belles que les Hébreux voulurent se précipiter immédiatement dans le pays. Pour les anciens le vin était un don de Dieu. On croyait que la fermentation provenait d’une intervention surnaturelle.

Comme le raisin dans la nature, Israël devait être le fruit préféré de Dieu parmi les nations. Mais Isaïe dira (selon un poète) « Mon peuple est un coteau de vigne. J’en espérais un vin d’amour mais je n’ai que vinaigre en retour, moi qui bêchais chaque arpent de la terre chassant le caillou et la pierre. J’avais planté un doux muscat, j’en espérais un vin d’amour, je n’ai que vinaigre en retour »

Jésus fait ce jour là un discours d’adieu et voici qu’il explique avec des mots nouveaux la parabole d’Isaïe. La vigne de Dieu c’est Jésus lui même. Dieu n’est plus ce propriétaire lointain et la vigne de Jésus c’est l’humanité toute entière. Un ensemble de racines, de sève, de sarments et de fruits qui partagent une longue histoire que seul Jésus faire vivre.

Et il est question de nettoyer et de demeurer. Qu’est ce qu’il faut nettoyer, couper, jeter, brûler dans notre vie chrétienne ? Nous ne voyons pas toujours ce qui est dangereux ou malade. La plupart d’entre nous respectent les commandements de Dieu. Y a t’il autre chose que nous ne voyons pas et qu’il faut rejeter ? Jésus nous dit « Vous êtes purifiés par la Parole que je vous ai dite ». Il y a parfois en nous et dans notre conscience un certain malaise ou remords que l’Evangile éclaire. C’est peut être aussi la parole des autres quand ils savent dire avec délicatesse et amitié ce qui ne leur semble pas bon. Parce que nous sommes aveugles sur nous-mêmes. Et puis il y a le mot « demeurer » c’est avoir une maison, une tradition. C’est vivre dans un patrimoine, comme la vigne qui puise dans la terre et monte lentement vers le soleil. Demeurer c’est encore être ensemble. Habiter dans le cœur des uns et des autres et partager ce que donne Dieu. Dans l’ Eucharistie Jésus demeure en nous et nous sommes sa demeure. Le monde n’est pas comme cette vigne d’Isaïe que de mauvais vignerons exploitent et épuisent pour leur profit. En Jésus, Dieu est entré dans cette vigne pour en tirer un vin d’amour.

Abbé Georges Périé

 Lectures dominicales du 6 mai