Avr 282018
 

Lorsque que le Seigneur prononce les propos que l’Evangile de ce jour nous relate, il semble qu’Il ait derrière lui le fronton du Temple où était sculptée une vigne, symbole d’Israël qui étalait ses branches. Ce symbole de la vigne était familier aux juifs. L’Ancien Testament l’emploie fréquemment pour désigner le Peuple de Dieu et pour dépeindre les soins dont Celui-ci l’entoure. En s’identifiant avec la vraie vigne, Jésus proclame que c’est en Lui qu’est le véritable Israël, et que seuls ceux qui lui sont attachés en font partie. En déclarant qu’Il est la vigne, Il entend se déclarer non seulement unis aux siens, mais un avec eux. Il n’est pas simplement la source de leur vie, ils ne vivent qu’en étant intégrés à son être au point de ne plus faire qu’un seul et unique organisme vivant.

Saint Paul, en approfondissant le mystère de l’union du Christ et de l’humanité, parlera de l’Eglise comme l’union du corps que sont les fidèles avec la Tête qu’est le Christ. Mais en prenant l’image de la vigne, le Seigneur entend signifier qu’il n’y a plus deux éléments complémentaires entre lui et les siens, mais une seule personne divine prolongeant son incarnation à partir du cep unique qu’est l’humanité de Jésus, jusque dans ses membres, l’unité vivante du tout formant ce que saint Augustin dira, le Christ total, Chef et membres. C’est par Jésus seul que la vigne puise ses racines jusqu’au cœur de la vie divine, et c’est vraiment la vie de Dieu qui se répand jusqu’aux extrémités des sarments les plus éloignés. Sans le Christ, les sarments ne porteront aucun fruit, et s’ils sont dans le Christ et entés sur lui, les fidèles qui mettent en œuvre cette unité vitale avec leur chef, seront ainsi émondés par Dieu afin d’en porter davantage.

Cela signifie que la vie de l’Eglise, sa vie concrète, quand elle s’assemble spécialement pour la sainte Messe, mais également en dehors, est la vie même de Dieu communiquée à tous ses fidèles. La sainte Sève qui coule d’un sarment à l’autre depuis l’unique Cep divin pourra alors être vu comme ce Saint-Esprit qui, unissant le Père et l’Esprit dans un unique amour, unit désormais les chrétiens à leur Chef. Comme le disait Saint Augustin : « Où donc est l’Esprit du Christ sinon dans le corps du Christ ? Il nous faut donc entrer dans son corps pour avoir part à son Esprit ».

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 29 avril