Mai 242013
 

« Que mon lecteur s’il communie pleinement à ma certitude, fasse route avec moi ; s’il partage tous mes doutes, qu’il cherche avec moi, s’il se reconnaît dans l’erreur, qu’il revienne à moi, s’il m’y surprend moi-même, qu’il m’en détourne. C’est ainsi que nous avancerons ensemble sur le chemin de la charité, vers celui dont il est écrit : « cherchez sans cesse son visage (Ps104,4)Voilà le vœu pieux et ferme dont je voudrais convenir avec tous mes lecteurs et à propos de tous mes écrits, mais surtout de ceux qui traitent de l’unité de la Trinité, Père, Fils et saint Esprit. Il n’y a pas de sujet en effet, où soit plus périlleuse l’erreur, plus laborieuse la recherche, plus fructueuse la découverte » (Saint Augustin : De Trinitate I,III, 5)

Si La Trinité est le mystère chrétien vu sous son aspect le plus divin, que nous ne pouvons donc sous ce biais prétendre épuiser moins encore que sous aucun autre, il illumine cependant le mystère le plus vivant qui soit pour nous : celui de notre adoption par le Père en son Fils, par le don de l’Esprit Saint. C’est ainsi disait saint Bonaventure, que « rien de moins que la Trinité ne peut remplir l’âme capable de toute la Trinité. La béatitude rassasie notre appétit mais rien ne rassasie la soif de l’âme humaine si ce n’est la seule Trinité. »

C’est l’absolue nouveauté de l’Evangile, Dieu n’est pas seulement quelqu’un qui doit être aimé, mais encore quelqu’un qui aime, qui crée et qui sauve. Dieu n’est pas plus solitaire qu’il n’est égoïste ou refermé sur soi : il est Père, c’est à dire que de toute éternité il engendre un autre Lui-même, qui se reçoit de Lui totalement et que cette relation d’amour est elle-même Dieu, l’Esprit Saint et ce, dans l’unité de leur nature divine.

Ainsi, le Père agit de manière paternelle, en tant qu’il est la source du Fils et de l’Esprit, et il agit toujours ainsi. Pour le Père, agir, c’est agir par le Fils et par l’Esprit. Le Fils, quant à lui, agit de façon filiale, à la façon du Verbe qui est l’expression de la plénitude de Sagesse du Père. Quant à l’Esprit, il agit sur le mode de l’amour mutuel du Père et du Fils.

Tout ceci serait déjà magnifique si en plus de cette connaissance révélée, nous n’avions pas encore quelque chose à dire nous concernant. Cette filiation divine nous devons y rentrer à notre tour, devenir fils dans le Fils, devenir amour mutuel dans l’unique Esprit ; telle est notre vocation depuis que nous avons été baptisés. Car être créé à l’image de Dieu, c’est ainsi être créé à l’image de la Trinité Sainte, c’est apprendre qu’être un chrétien signifie se recevoir du Père dans un acte parfait d’humilité, se donner au Père dans acte absolu de dépossession, être ferment d’unité dans une circumincession de charité, en étant parfaitement relatif au Père ; bref, être un dans le Fils et retourner au Père, voilà notre mission de chrétien et que notre baptême rend possible.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 26 mai