Mai 252018
 

Le dimanche qui suit la fête de la Pentecôte, l’Eglise nous invite à contempler la Sainte Trinité. Comme le souligne Saint Thomas d’Aquin, « Il faut de la prudence et de la réserve, car dit Saint Augustin, il n’y pas de sujet où l’erreur est plus dangereuse, les investigations plus laborieuses, ni les découvertes plus fructueuses ».

Nous découvrons Dieu dans un dynamisme et une communion.
Un dynamisme : c’est au cœur de sa faiblesse humaine que Saint Paul annonce avec puissance « Le mystère de Dieu ». Jusqu’à sa conversion, il récite le Shema Israël : « Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est un » !
Après son illumination sur la route de Damas, le Dieu Unique devient pour lui Père, Fils et Esprit-Saint. Dieu n’est pas solitaire mais n’est pas divisé non plus. Il est et reste Un, l’Unique, Il est Amour puisqu’il se fait connaître en son fils Jésus-Christ et se donne par la puissance de son Esprit.
Sa connaissance n’est pas le fruit d’une sagesse humaine, mais d’une expérience personnelle. Il est saisi par le feu dévorant de l’Esprit-Saint: «Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ». Le mystère de Dieu se manifeste dans le Fils, Jésus-Christ crucifié qui a accepté librement sa passion, sans résister au mal, s’en remettant à son Père qui juge avec justice et intercédant pour l’humanité entière : « Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » : Dieu est Amour !
Une communion : Dieu est bien le Père miséricordieux qui a ressuscité son Fils et qui par Lui a envoyé l’Esprit-Saint qui nous fait crier Père. Nous sommes devenus des fils adoptifs ayant part à l’héritage et partageant la communion avec Lui et nos frères.
Mais attention dit Saint Jean-Paul II : « Plus nous perdons ou cherchons à éliminer la conscience de la paternité de Dieu, plus nous cessons d’être frères » et le concile Vatican II affirme : « Nous ne pouvons invoquer en vérité Dieu, le Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains de nos frères humains » (Nostra Aetate ,5). En effet, « Il n’y a plus ni juif, ni grec, ni l’esclave, ni l’homme libre, ni l’homme, ni la femme, nous sommes tous un en Jésus-Christ » (Gal 3, 28).
Il nous faut marcher sur la voie de la sainteté.
Cela demande une prière personnelle et communautaire intense qui fasse de nous ses intimes : « Demeurez-en moi, comme moi en vous » (Jn 15,4). La prière, réalisée en nous par l’Esprit Saint, nous ouvre, par le Christ et dans le Christ, à la contemplation du visage du Père. « Nous apprenons la logique trinitaire de la prière chrétienne, en la vivant pleinement avant tout dans la liturgie, sommet et source de la vie ecclésiale, mais aussi dans l’expérience personnelle. Là se trouve le secret de la vie. Nous n’avons plus à craindre l’avenir, si nous revenons continuellement aux sources pour nous y régénérer » (J-P II). Nous y trouverons l’énergie pour aller de toutes les nations faire des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit … et leur apprenant à garder les commandements.

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 27 mai