Juin 032011
 

Jésus exprime ce qui est le plus profond dans son cœur, ce qui l’anime, la raison même de son existence et de sa mission.

Ces paroles, Jésus les a dites le Jeudi Saint. Mais il est aussi normal de les méditer dans le temps de l’Ascension puisque nous sommes toujours dans le temps du « passage de Jésus vers le Père ». Jésus nous dit le sentiment profond qu’il ressent à ce moment : d’une part son intimité avec le Père, et d’autre part son unité, sa solidarité avec les hommes. Être totalement fidèle à son Père – être totalement fidèle à l’humanité. Tout l’être de Jésus est engagé dans sa double fidélité et c’est pour cela qu’il est médiateur et sauveur.

Cette double fidélité doit être aussi notre vocation à chacun de nous et la source de notre joie. Mais elle est aussi un terrain de recherche, de conflits, d’efforts. Notre vie est engagée à la fois « sur la terre et dans le ciel ». En nous, l’amour des autres et l’amour de Dieu doivent se rencontrer. Ce n’est pas facile. Jésus a vu cette difficulté en regardant ce soir là ses apôtres et à travers eux, l’Eglise de tous les temps. Car au moment où Jésus prononce ces paroles, on pourrait dire – de loin – que Jésus a échoué. Avec Judas, avec les responsables juifs et avec beaucoup de gens profondément croyants. Beaucoup, comme aujourd’hui, semblent l’abandonner.

Nous touchons là une des grandes difficultés de la foi, mais aussi de ses victoires : c’est d’accepter que nous ne savons pas toujours croire, espérer, aimer, mais que Dieu est assez fort pour réaliser ce que notre liberté, notre volonté, sont impuissants à réaliser. Comme Jésus, nous avons à confier la véritable réussite de notre vie au Père. À certains moments, nous sommes capables de lutter en acceptant de ne pas voir l’efficacité visible de notre foi, dans une fidélité qui nous laisse dans l’obscurité.

Il y a dans notre vie des moments de lumière et des moments de nuit et même de découragement. Mais en sachant – et c’est cela un aspect essentiel de notre foi – qu’au-delà de cette nuit le Seigneur prend en charge notre désarroi parce seul Jésus crucifié et ressuscité est capable de  nous maintenir dans cette paix que nous désirons de toutes nos forces.

Ce qui est extraordinaire, c’est que Jésus – alors qu’il va se lever et partir pour Gethsémani – Jésus ne parle que de la Gloire de Dieu. La seule chose que l’on pourra voir, c’est Jésus crucifié. Désormais, la Gloire de Jésus, c’est nous aussi qui allons la montrer. Nous reconnaissons dans la mort et dans la résurrection de Jésus la Gloire que Jésus a auprès du Père avant même que le monde ne commence. Cette Gloire, nous avons la mission et le devoir aujourd’hui de l’annoncer au monde comme l’espérance et la paix que Dieu seul peut donner.

Père Georges Perié

 

Lectures dominicales du 5 juin 2011