Juin 062014
 

Voir Jésus ressuscité n’avait pas suffi à rassurer les apôtres. Jésus leur avait dit « Il est bon pour vous que je parte. Je vous enverrai quelqu’un qui vous aidera ». Ainsi Dieu avait prévu de se manifester d’une troisième manière. Que Dieu soit Créateur, on pouvait un peu le comprendre, (pourquoi quelque chose existe plutôt que rien ?). Que Dieu soit un Père, c’est plus difficile à comprendre à cause du mal. Mais qu’il vienne se donner comme l’un d’entre nous et que nous le fassions mourir, c’est presque inacceptable. Même si Jésus s’est montré ressuscité à quelques uns.

La Pentecôte allait ouvrir une nouvelle époque. Avec des images populaires qui montrent un nouveau visage de Dieu invisible: le vent, le feu et la parole. Trois forces considérables sans lesquelles nous ne pouvons pas vivre Dieu est au delà de tout ce que nous pouvons voir ou entendre. Mais il est bien là et laisse des traces. Il est comme une « respiration » à l’intérieur de l’existence.

Les Disciples ont vécu la Pentecôte comme une expérience vivante de Dieu et de son projet : l’unité de l’humanité dans sa diversité, la possibilité d’une communion entre les peuples et les cultures par la vie et de la résurrection de Jésus. Vouloir la liberté et la dignité de chacun. Cela nous ne le comprenons pas et nous ne pouvons pas l’accepter et le vouloir. C’est notre péché. Il fallait une autre force divine : l’Esprit-Saint, qui agisse non plus à l’extérieur de nous même.
Il fallait que Dieu soit à l’intérieur du plus profond de nous mêmes à un niveau où l’inconscient, l’atavisme et le péché originel nous tiennent. Mais ce niveau remonte en nous d’une certaine façon quand nous sommes capables de confiance, de gratuité, de pauvreté ; et quand nous sommes touchés par la Providence et la miséricorde au-dessus de nous. C’est une autre manière de Dieu de nous créer. Une autre Personne de Dieu pour nous parler, l’Esprit-Saint dans le silence d’une présence intérieure.

Il est le doigt de Dieu, la main de Dieu, l’action de Dieu quand il crée le monde, quand il préside à l’Incarnation et c’est Lui que Jésus nous envoie dans son dernier souffle. Désormais la Pentecôte ne s’arrêtera plus jamais. L’Esprit-Saint ouvrira toujours la route au Père et au Fils. Non pas pour décider à notre place. Quand nous décidons quelque chose de mauvais, il est le pardon et le relèvement. Quand nous sommes dans le projet de Dieu, l’Esprit-Saint confirme que ce que nous avons fait est l’œuvre de Dieu.

Sans l’Esprit-Saint l’Eglise tomberait dans le péché de toutes les sociétés humaines et on l’aurait oubliée depuis longtemps. Et nos prières et nos sacrements ne seraient qu’une illusion. Mais Dieu ne cesse d’être avec nous comme trois Personnes ensemble qui nous accompagnent et la troisième de ces Personnes nous permet de leur répondre et de leur parler un peu comme notre respiration, notre souffle rend possible notre parole et la communication entre nous.

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 8 juin