Mar 142014
 

Avons-nous envie de voir Dieu ? Si je priais très fort le Bon Dieu me disait une petite fille, est-ce qu’il se montrerait ? On ne peut que lui répondre : non ! Même si toute l’humanité le demandait, Dieu ne peut se montrer que dans la Personne de Jésus il y a deux mille ans trois hommes ont vu la lumière de Dieu dans la personne humaine de Jésus. Bien sûr ils lui avaient dit « Tu es le Fils de Dieu » Mais ils ne savaient pas ce qu’ils disaient. Ils pensaient que Moïse et Élie étaient revenus en Jésus. Ce n’est pas vrai.

On avait tout imaginé pour se représenter Dieu. Qu’il avait tout le pouvoir imaginable. Qu’il avait créé librement le cosmos. Qu’il était généreux et miséricordieux. Qu’il n’aimait pas l’injustice. Qu’il avait libéré les Hébreux de l’esclavage. Bien sûr il avait laissé les juifs partir en déportation, mais c’était sans doute pour préparer sa revanche. Mais on n’avait pas imaginé qu’il était Père d’une manière unique. Qu’il n’existait que dans l’amour d’un Fils Unique. Que tout le reste, la création n’était qu’une conséquence de cet Amour.

Que cet amour allait s’exprimer par une naissance à Noël avec une vraie maman et une vraie mort sur une croix un vendredi et un réveil étonnant le dimanche matin. Comme Moïse et Élie, Jésus allait changer le sens de l’histoire humaine. Mais lui Jésus va ouvrir un chemin inattendu et définitif de foi, d’espérance, de liberté et d’amour universel. Et le Père dans son amour infini et dans son Mystère (cette nuée lumineuse), le Père veut ce que va faire Jésus et l’approuve. Afin que chacun de nous soyons aimés et sauvés par un homme qui est Dieu. Ainsi il y avait un secret dans l’existence de Jésus et il faudra que les apôtres le disent au monde.

Nous sommes invités à habiter notre corps et à le respecter parce que notre corps sera transfiguré. Et nous entrerons dans la Résurrection de Jésus. Avec les stigmates de notre vie terrestre. Avec Pierre, Jacques et Jean cette nuit là nous sommes l’Église de Jésus. Et un peu endormis comme eux ils veulent immobiliser la scène : construisons trois tentes… Restons là. N’allons pas plus loin. Ce sera peut être notre tentation de ne pas avancer toujours plus loin avec l’Esprit que nous donne Jésus.

Ce jour là le Père a parlé, c’est la dernière fois, il n’y aura plus jamais de lumière éclatante où l’on peut voir Dieu. Mais seulement la parole de Jésus proclamée en Église. Et ce credo étonnant qui nous demande de dire que Dieu est descendu du ciel et qu’il est venu chez nous et que c’est là, chez nous, qu’il faut le trouver. Et c’est pourquoi les apôtres et Jésus se retrouvent dans la vie de tous les jours.

Ces trois apôtres, Jésus va les prendre avec lui pour sa dernière nuit. Ils verront Jésus défiguré par la douleur et par l’angoisse. Mais au lieu de se rappeler la transfiguration, les pauvres vont s’endormir, et ils abandonneront Jésus. Nous sommes comme eux, et le péché nous défigure et nous défigurons les autres. Alors que la grâce nous donne le pouvoir de transfigurer. Notre transfiguration devra attendre la fin du monde. A moins que peut-être dès ici bas nous puissions transfigurer certains côtés de notre vie…

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 16 mars