Avr 072018
 

Aujourd’hui, Jésus ressuscité apparait aux onze apôtres et leur montre ses mains et son côté, c’est à dire les signes de sa douloureuse Passion, imprimés de façon indélébile dans son corps, même après la Résurrection. Ses plaies glorieuses qu’il fait toucher à Thomas, l’incrédule, révèlent la Miséricorde de Dieu, qui « a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils (Jn 33,16).

Le 30 avril 2000, le Saint Pape Jean Paul II répondait au message de Jésus confiée à Sainte Faustine Kowalska, religieuse polonaise vivant au 20ème siècle. Il étendait à l’Eglise universelle la fête de la Divine Miséricorde, célébrée le dimanche après pâques. Il rendait grâce à la Divine Providence, de lui avoir donné ainsi de contribuer personnellement à l’accomplissement de la volonté du Christ. Sa mort, en la vigile de cette fête a comme validé sa décision.

Le mot de miséricorde vient de « misereor » je compatis et « corde » dans le cœur. Il sous-tend l’idée que face à l’erreur et même à l’offense de l’autre, la personne ne réagit pas immédiatement avec un jugement de condamnation et la volonté d’anéantir l’ennemi, mais s’efforce de se mettre à sa place, d’analyser ses raisons.

A l’humanité qui semble parfois perdue et diminuée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre en don son amour qui convertit les cœurs, pardonne, réconcilie, ouvre l’âme à l’espérance du fait qu’elle met une limite au mal et fait toujours triompher le bien.

« Comme l’huile dans le moteur » (Raniero Cantalamessa), elle favorise la réconciliation personnelle avec Dieu mais aussi dans les familles, les communautés chrétiennes et autres.
Elle ouvre l’espace à un dialogue religieux fécond avec le judaïsme qui a reçu la révélation de Dieu, « le Seigneur riche en grâce et en miséricorde, lent à la colère et plain d’amour » (Ex 34), avec l’Islam qui nomme Dieu, « le miséricordieux », avec le Bouddhisme qui ne connait pas l’idée d’un Dieu personnel et créateur, mais pour qui l’homme doit être miséricordieux pour la solidarité et la responsabilité qui lient tous les vivants.

Elle a un sens politique, car elle seule, dans les relations internationales, peut faire sortir de l’attitude stérile de « œil pour œil, dent pour dent », en ouvrant la voie à une écoute réciproque qui ne s’arrête pas au mal subi mais prend connaissance des souffrances de l’autre. La réconciliation franco-allemande en est un bon exemple.

Appliquée dans les relations entre les partenaires sociaux, les coalitions, et les partis au sein d’une nation, elle ouvre la voie à une politique constructive, à une vie plus juste et pacifiée. Les conflits sociaux actuels nous invitent à invoquer la miséricorde, la France en a urgemment besoin.

Parce qu’il donne l’Esprit-Saint et le pouvoir de remettre les péchés, nous pouvons accueillir la Paix que le Christ ressuscité nous donne.

« La Paix soit avec vous »

Père Stéphane Biaggi, curé

 

Lectures dominicales du 8 avril