Juin 162012
 

Chers parents,

Le jeudi qui suit la fête de la Sainte Trinité, l’Eglise célèbre la Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Dans certains pays comme la France, la solennité de cette fête est reportée au dimanche suivant.

Au cours de siècles, cette fête a reçu plusieurs noms : « Fête Dieu », « Fête du Saint Sacrement », « Fête du Corps et du Sang du Christ », « Corpus Christi ». Depuis les tous premiers temps de l’Eglise, la Sainte Eucharistie est honorée par la célébration du Jeudi Saint, mais au XIIIème siècle, une autre fête en l’honneur de l’Eucharistie fut demandée par Notre Seigneur Lui-même, en 1208, à la bienheureuse Julienne de Norwich : c’est la solennité du « Corps du Christ » Cette fête venait à point pour faire face à des hérésies contre la Sainte Eucharistie : c’est pourquoi le pape Urbain IV étendit cette fête à toute l’Eglise.

Cette fête nous est particulièrement chère car le Sacrement de l’Eucharistie est le Cœur de la vie de l’Eglise, la Source et le Sommet de notre vie chrétienne. Le but de cette fête est :

-d’honorer Jésus présent dans le Sacrement de son Amour par lequel Il se donne à nous.
-d’affirmer solennellement notre foi en sa Présence Réelle dans la Sainte Eucharistie,
-de remercier Dieu pour le Pain Eucharistique, vraie nourriture de notre âme.
-d’offrir une réparation solennelle pour tous les outrages et manques de respect que notre Seigneur Jésus reçoit dans ce Saint Sacrement.

1) L’Eucharistie, Sacrifice et Sacrement, Pain de la Vie Eternelle.

Alors que le Jeudi Saint, l’Eucharistie est célébrée comme le « Sacrifice » qui nous sauve, la fête du Corps du Christ l’honore comme le « Saint Sacrement »  par lequel Jésus Lui-même se donne en nourriture à notre âme et demeure toujours avec nous en étant réellement présent dans tous les tabernacles du monde.

« Ma Chair est vraie nourriture et mon Sang est vraie boisson » St Jean VI, 55-56. A la Fête Dieu, l’Eucharistie est honorée comme Sacrement. L’Hostie Sainte (le mot « hostie » veut dire : victime offerte en sacrifice) devient nourriture de notre âme.

Le Sacrement de l’Eucharistie a été institué par le Christ Lui-même, l’Agneau de Dieu, pour nous permettre de nous unir à Lui :

-L’Eucharistie est le « Pain de la route » qui nourrit nos âmes, gage de Vie Eternelle. « Je suis le Pain Vivant descendu du Ciel ; celui qui mange de ce Pain vivra éternellement, et le Pain que je donnerai, c’est ma Chair pour la vie du monde. »St Jean VI, 51. Jésus se met à notre portée, se fait tout petit et tout entier présent dans l’Hostie Sainte, pour que nous puissions le recevoir tout entier en nous. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui »St Jean VI, 56. La communion est comparable à une transfusion d’Amour : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.» dit St Paul.

-L’Eucharistie est aussi le Sacrement de l’Unité car lorsque nous communions nous sommes unis au Christ, unis entre nous, et formons un seul Corps, l’Eglise, dont le Christ est la Tête.

2) La Présence Réelle : une vérité de foi, un mode de Présence Unique

 Avant de remonter au Ciel, Jésus nous a promis de ne pas nous laisser seuls :

« Et voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » St Matthieu, XXVIII, 20. La réalisation de cette promesse, c’est la Sainte Eucharistie, ce Trésor infiniment précieux par lequel Il reste présent parmi nous, pour chacun de nous, à cause de chacun de nous :

Lorsque nous communions, Jésus est réellement avec nous et en nous : nous devenons des tabernacles vivants. Nous pouvons aussi Le retrouver à tout instant, car Il est présent dans le Tabernacle où Il attend nos visites, Lui qui est trop souvent si seul dans nos églises.

« Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Il élève l’Eucharistie au-dessus de tous les sacrements. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique 1374).

Parmi tous les sacrements, l’Eucharistie contient le Christ Lui-même. On appelle cette Présence « Réelle » parce qu’elle est substantielle, et que par elle, le Christ, vrai Dieu et vrai homme, se rend présent tout entier par son Corps, son Sang, son Ame et sa Divinité. On ne peut absolument pas dire que cette Présence Réelle est un symbole. Les apparences sont les mêmes : l’Hostie Sainte garde la même forme, la même couleur, la même odeur, le même goût que le pain ordinaire mais la substance (la réalité) a changé : c’est la transsubstantiation. Lorsque le prêtre impose les mains sur le pain et dit les mêmes paroles que le Christ a dites le Jeudi Saint, ce n’est plus du pain mais le Corps du Christ qui renouvelle ou réactualise l’offrande de sa vie pour réparer tous nos péchés, nous sauver, nous donner la Vie Eternelle : ce miracle se réalise à chaque Messe au moment de la Consécration !

« Le Seigneur crucifié et ressuscité est vraiment, réellement et substantiellement présent dans l’Eucharistie et le demeure tant que subsistent les espèces du pain et du vin. On lui doit non seulement le plus grand respect mais notre culte et notre adoration. C’est là le Cœur de l’Eglise, le secret de sa vigueur ; elle doit toujours veiller avec un soin jaloux sur ce mystère et l’affirmer dans son intégralité. » (Jean Paul II, message au congrès eucharistique de Lourdes, 21 juillet 1983.) Adorer le Saint Sacrement, ou le recevoir dans la Sainte Communion, c’est donc bien témoigner que nous reconnaissons, sous l’humble apparence du pain et du vin, le Fils de Dieu fait homme, Dieu Lui-même : Dieu seul a droit à notre Adoration, c’est-à-dire à être aimé, loué et remercié plus que tout autre.

3) Qu’elle doit être notre attitude devant le Saint Sacrement ?

Le mot « Eucharistie » vient du grec et signifie : reconnaissance, gratitude, action de grâces. En contemplant l’« Agneau Immolé» pour réparer nos péchés, comment ne pas faire d’abord monter un chant d’amour, de reconnaissance et de louange envers Celui qui nous a sauvés ?

« l’Eglise catholique a rendu et continue de rendre ce culte d’Adoration dû au Sacrement de l’Eucharistie, non seulement durant la Messe, mais aussi en dehors de sa célébration, en conservant avec soin les hosties consacrées et en les présentant à la vénération des fidèles.» Paul VI Mysterium Fidei 56. « Que l’Amour et l’Adoration de Jésus dans le Saint Sacrement soit le signe le plus lumineux de notre foi…Soyez toujours des âmes eucharistiques pour pouvoir être d’authentiques chrétiens » Jean Paul II

L’Eglise a toujours voulu nous faire approfondir ce grand mystère, mieux comprendre le prix infini de ce don qui nous est fait, stimuler notre amour et notre respect envers la Sainte Eucharistie. Pour mieux l’honorer, la liturgie prévoit depuis le XIIIème siècle, en plus de la Messe, une procession se terminant par un Salut solennel et une Bénédiction du Saint Sacrement. « Tant que tu peux, ose le chanter, car Il dépasse toutes les louanges, tu ne saurais trop le louer ! »nous recommande St Thomas d’Aquin dans le chant du  Lauda Sion. Participer à la procession, au Salut solennel et à la Bénédiction du Saint Sacrement, nous donne l’occasion de témoigner de notre foi en Jésus-Hostie et de réparer les innombrables manques de respect et outrages qu’Il subit, dont Il souffre et se plaint Lui-même amèrement à Ste Marguerite Marie à Paray le Monial : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’Il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son Amour ; en reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, par les froideurs et le mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’Amour .»

Avec nos enfants, ayons à cœur d’honorer le Saint Sacrement autant que nous le pouvons :

Au cours de la Messe, marquons notre adoration au moment de la consécration en nous agenouillant, recevons la Sainte Communion avec le plus grand respect et prenons le temps de faire une vraie action de grâces. En dehors de la Messe, exprimons notre adoration en rendant souvent visite au Saint Sacrement présent dans le Tabernacle et participons aux Saluts du Saint Sacrement et aux temps d’Adoration Eucharistique organisés dans notre paroisse. Un baiser, une génuflexion et une courte prière comme : «  Jésus je vous adore et je vous aime de tout mon cœur » suffirons pour les plus jeunes. Jésus est tellement content quant on vient Lui rendre visite, Lui qui est trop souvent seul et ignoré !

Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme.