Sep 122014
 

Deux mots incompatibles. Folie et Sagesse disait St Paul.
Folie : comment le Père très aimant aurait-il pu laisser Jésus mourir ainsi ? Folie que Dieu ait voulu devenir cet homme qui veut mourir. Sagesse et réalité divine si Dieu ne peut se donner qu’en renonçant à toutes les puissances que nous imaginons autour de lui.
Comme pour dire « je n’ai que de l’amour pour toi ». Dans notre vie, la croix reste toujours folie et sagesse. Elle est folie quand elle tombe sur nous comme souffrance et comme deuil. Contestant notre innocence. Inacceptable pour notre justice. Quand les plus pauvres sont écrasés. Nous regardons la croix. Pouvons nous dire « Voici l’homme ! » ?

La croix a été d’abord une mémoire douloureuse. Un désespoir définitif. Mais la gloire de la croix, nous la voyons déjà dans la manière dont on nous raconte la passion de Jésus. Cette dignité de Jésus. Cette majesté de Jésus devant Caïphe, devant Hérode, devant Pilate. Et même devant les larrons, la foule et ses intimes qui sont là. Aucune plainte, aucune protestation, il se défend à peine et pense à la conscience de ses bourreaux. Il leur donne déjà son pardon. Il n’est pas l’accusé. Il est le juge. Il y a dans ce récit une grande beauté. Comme éclairée déjà par la résurrection.

Ses bras entrouverts accueillent le monde. Son cœur est ouvert sur le monde. La puissance mauvaise du monde est effacée par cette faiblesse extrême de la Croix. Dieu est désormais comme cela. Il descend au plus profond de nous même. Et c’est pourquoi nous plaçons la croix sur nos clochers, sur nos chemins et sur notre corps. Les puissances du mal se sont alliées contre Jésus mais tous les crucifiés du monde se retrouvent dans la croix de Jésus. Toutes les puissances du mal perdent leur caractère sacré et inévitable. Dieu se montre comme le contraire de ce qui nous semble sacré sur terre : la force, l’argent et le plaisir. La croix est le lieu ou s’achève et culmine la seule vérité possible : « Père je remets ma vie entre tes mains ».

La croix dans nos maisons, dans notre chambre n’est pas une décoration ou la mémoire de notre baptême. Elle est un « sacramental » un signe réel de notre foi. Elle fait partie des choses qui nous accompagnent. Nos relations ne peuvent être que concrètes pour pouvoir être spirituelles, remplies de l’Esprit Saint. Je fais avec ma main sur moi le signe de la Croix, et Dieu bénit ma tête et tout ce que ma tête peut faire de bon. Je mets ma main sur mon cœur et Dieu aime quand mon cœur sait aimer. Et d’une épaule à l’autre Dieu bénit mon corps pour qu’il soit ressuscité avec Jésus. Sainte Trinité nous pénètre de partout. Nous sommes habité par la Gloire de Dieu.

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 14 septembre