Mar 152013
 

Pour Jésus le péché est une réalité grave. L’adultère pour Jésus fait partie du péché. Il ne dit pas à cette femme « tu n’as pas péché ». Celui qui s’appuie sur la loi et sur la justice humaine croit savoir qui est pécheur et qui ne l’est pas. Mais devant Dieu personne ne peut se reconnaître sans péché. Et seul Jésus a autorité pour nous dire ce qu’est le péché. Il nous fait le regarder autrement. D’abord il affirme que nous avons le pouvoir de le refuser. Le « Catéchisme catholique » nous dit que si le péché est « une faute contre la raison la vérité et la conscience droite » il est bien plus que cela.

Il ne concerne pas seulement ce qui n’est pas convenable aux yeux de la société. Il concerne notre relation avec Dieu. Il faut la révélation pour le dévoiler et pour le dénoncer. Parce que l’abîme est infranchissable entre Dieu et nous si Dieu lui même ne vient pas à notre rencontre. Nous avons été créés pour cela : être saisi dans la sainteté de Dieu. Il n’y a pas d’autre alternative sinon ne plus exister ou être damnés. Entrer dans la vie de Dieu veut dire ressembler à Dieu autant que cela est possible pour un être créé. C’est à dire aimer l’autre avec la manière d’aimer de Dieu : se donner totalement et être reçu dans une gratuité entière. Etre en « communion ». Comme un effet de la Sainte Trinité.

Nos examens de conscience en restent souvent à un niveau très superficiel. Mais c’est comme un préambule, une manière de commencer pour aller plus loin dans notre besoin de pardon. La vraie question : comment savoir si j’ai péché à ce niveau qui touche et offense le cœur de Dieu ? Je ne peux être gravement pécheur que si librement et lucidement je refuse cet amour que Dieu veut vivre en nous. Pourtant la tradition affirme que la vie et notre péché s’accompagne d’une grande ignorance et méconnaissance de Dieu. Et une ignorance naïve ses conséquences et sa gravité. Comment comprendre que le péché en nous blessant nous-mêmes et en blessant nos frères blesse Dieu lui même ? Comment Dieu peut-il être vulnérable quand nous blessons nos frères ? Comment peut-il prendre avec lui cette souffrance ? Comment Jésus peut-il porter ce péché ? Et tomber avec nous et se relever comme sur le chemin de croix ?

Mais nous sommes, Dieu merci, des êtres imparfaits, incapables d’aller jusqu’au bout des choses même dans nos péchés. Et Dieu a mis en nous cette conscience, cette culpabilité, comme un frein qui fonctionne à peu près bien. Et cette « grâce » cet amour qui pénètre et qui grandit comme une semence divine. Jésus lui dit «  ne pèche plus ». Ne confonds pas l’amour et le faux amour. Ne confonds pas la réalité et le mensonge.

Qu’y a-t-il de vraiment pur sur terre ? Seulement la façon dont Dieu nous regarde et notre pauvre façon d’accepter son amour. Nous disons à la Vierge que nous sommes de bien pauvres pécheurs ; mais des pécheurs qui veulent entrer et qui entrent vraiment dans la miséricorde et le pardon de Dieu.

Abbé Georges Périé

Lectures dominicales du 17 mars