Sep 192014
 

Même si nous sommes « chômeurs » au Royaume de Dieu, le Seigneur nous fait signe personnellement. Nous allons être « embauchés » ; mais pour éviter tout malentendu, il nous faut découvrir tout d’abord la personne du Maître et son amour. Contemplons d’abord Celui qui « engage » avant de nous inquiéter du salaire. Remercions-le d’avoir été choisis pour travailler à la vigne et à la Rédemption du monde !

En une période de chômage, comme la nôtre, cette parabole nous rend plus attentifs aux désordres de la société. Et si elle ne nous donne pas directement de solution au problème de l’emploi, elle révèle un manque, une faille bien réelles dans l’accomplissement du commandement légué par le Christ : Celui de l’amour de Dieu et du prochain. Si le prophète Isaïe nous rappelle que les vues de Dieu ne sont pas les nôtres, cela ne veut pas dire que la conduite du Seigneur soit arbitraire. Il sait mieux que nous ce qui nous convient. Ce qui compte d’abord pour lui, n’est pas le travail accompli, mais la personne « La bonté de Dieu est sans limite » Dieu est bon pour les autres à travers nous et Il est bon pour nous à travers les autres.

Mais en dehors de cette signification fondamentale, nous pourrions réfléchir à bien des idées utiles. Dieu qui appelle toutes les races et tous les groupes humains à travers l’histoire, appelle aussi chacun de nous tout au long de sa vie. Il nous appelle à l’heure de l’enfance, à l’âge mûr, à l’heure des réalisations sérieuses. Il nous appelle à l’heure du crépuscule, à toutes les heures de notre vie. Jamais un homme, quel qu’il soit, fut-il chargé d’un lourd passé, n’a le droit de dire « maintenant c’est trop tard ! Jai manqué les années fécondes, j’ai tout dilapidé… trop tard, trop tard !» Rappelons-nous le cas limite de celui que nous appelons « le bon larron » auquel le Christ mourant décerne une canonisation inattendue, et qui nous montre. Il n’est jamais trop tard pour commencer d’aimer.

Mais ce que ne nous dit pas la parabole est le plus important : avant la première heure, alors qu’il faisait encore nuit, quelqu’un est allé travailler, solitaire, à la vigne : Jésus lui même. C’est cela qui donne tout son sens à l’attitude de bonté du Maître et doit commander un comportement identique des ouvriers, quelle que soit l’heure à laquelle ils ont été embauchés !

Abbé Denys Thouard

Lectures dominicales du 21 septembre