Mar 312018
 

Souvent, dans l’esprit des chrétiens, la Résurrection du Seigneur apparait comme le point final de l’Evangile alors qu’il faudrait dire qu’elle en constitue au contraire un point de départ absolu. C’est dans ce but que notre Seigneur a pris chair, c’est dans ce but qu’Il a souffert la Passion. Toute l’Incarnation du Fils éternel n’avait pour fonction que de permettre cette Résurrection qui seule pouvait réaliser le renouvellement de la vie humaine pour tous les rachetés. Voilà pourquoi ce jour que nous célébrons dans la joie est le plus beau de tous les jours de l’année : c’est l’anniversaire de notre rédemption. Voilà aussi pourquoi, à l’exemple des saintes femmes, nous ne pouvons plus nous apitoyer sur les reliques dépassées de notre péché. Nous ne sommes même plus autorisés à nous demander qui pourra ouvrir la porte du tombeau de notre ancienne vie. Car pour grande soit-elle, la pierre qui l’obstruait ne pourra résister à la force sans mesure de la Résurrection du Christ.

C’est ainsi que la Résurrection nous introduit dans une dynamique qui nous oblige à sortir de notre peur tout autant que de notre péché. Mais cette dynamique est tout d’abord celle de la foi : l’absence du corps du divin Sauveur est pour nous le signe qu’Il ne doit plus désormais être recherché avec les sens humains. C’est avec le sens surnaturel de la foi qu’il doit être appréhendé. Ainsi la Résurrection de Jésus est annoncée par un messager divin, l’Ange en l’occurrence, parce qu’elle est un langage divin ; seul Dieu peut ressusciter les morts. Il est à remarquer d’ailleurs, que ce langage divin est adressé en priorité aux femmes car elles seules étaient présentes à la croix, à la différence des apôtres qui avaient fui. Elles seules avaient été les témoins de son ensevelissement et de sa mise au tombeau par Joseph d’Arimathie. Elles deviennent de la sorte les premiers témoins de Sa Résurrection.

Après la dynamique de la foi, il y a celle de l’Annonce. Le Message doit être porté. La nouvelle de la Résurrection doit retentir jusqu’au bout du monde. Et la Galilée en est la première étape. C’est de là que partiront les missionnaires, depuis Jérusalem en passant par la Samarie jusques à Rome. La Parole vivante et agissante qu’est le Christ, ne rencontrera plus aucun obstacle, ou plutôt si elle vient à en rencontrer, elle en viendra à bout. Et c’est dans l’Eglise que la présence du Christ ressuscité se manifestera désormais. C’est par cette Eglise destinée à prendre les dimensions du monde que l’humanité entière pourra entendre la bonne nouvelle du Salut sans que plus personne n’en soit désormais étranger. Ainsi, la Résurrection du Seigneur révèle-t-elle en même temps qu’elle achève le salut de tout le genre humain.

Bonne et sainte fête de Pâques.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 1er avril