Oct 112013
 

Aujourd’hui, Jésus guérit dix lépreux qui implorent sa pitié. Un seul, un étranger, vient l’en remercier en rendant gloire à Dieu. Jésus récompense sa foi en lui accordant le salut…

Pourquoi Jésus éprouve-t-il le besoin de marquer une telle différence entre ce Samaritain reconnaissant et les autres ? Si nous n’y prenions garde, nous mettrions volontiers tous les miracles du Seigneur sur le même plan comme s’il s’agissait de manifestations de puissance plus ou moins spectaculaires destinées à impressionner les foules. En réalité, chacune des guérisons opérées par le Seigneur est faite dans un contexte particulier et personnel. C’est toujours une action qui nous révèle Dieu.

La lèpre est une maladie contagieuse et redoutable, surtout à l’époque du Christ ; elle était le signe du péché et du châtiment de Dieu. Pour nous, la lèpre est le symbole de la maladie spirituelle, de l’humanité privée de Dieu. Lorsqu’il voit cette bande de lépreux qui le supplie, Jésus n’a qu’un mot, qui peut nous étonner, mais dans notre mentalité, nous attendrions autre chose pour ces malades ; il est clair que la punition est levée et qu’ils vont pouvoir réintégrer leur communauté.

Ainsi, le sens de ce miracle se révèle peu à peu : par cette guérison, Jésus veut dire : « Je suis Celui qui doit venir ». Le nombre de malades guéris est le signe que tous les hommes sont sauvés par le Seigneur. Il est toujours disposé à guérir et à sauver. Il sait qui nous sommes, Il sauve inlassablement, et non seulement Il sauve, mais il n’existe pas d’autre Sauveur que Lui. Il est le seul Sauveur possible ! Beaucoup le refusent et continuent de le chercher ailleurs, sous prétexte que « les temps ont changé ». Le Seigneur nous le rappelle aujourd’hui : « Je sauve et il n’y a personne d’autre qui puisse le faire ».

Et puis, c’est le retour du Samaritain et sa rencontre avec Jésus. Il reconnaît son Seigneur et lui rend grâce. Etonnante est la réponse de Jésus : « révèles-toi, ta foi t’a sauvé ». Cet homme est guéri et il rend au Seigneur l’amour vivifiant dont il a été l’objet. Il est « sauvé » par sa foi. Par contre, les neuf autres ne sont pas « sauvés », bien qu’ils aient été aimés comme le Samaritain. Ils ont gardé pour eux le don de Dieu, mais cela ne leur sert à rien…

Notre tentation serait ainsi de toujours garder pour soi, de ne pas rendre. Si chacun peut être sauvé par le Christ et par lui seul, l’œuvre du Seigneur ne sera opérante et efficace que si, de notre part, il y a une ouverture et une désappropriation telles que tout retourne à Lui.

Le Sacrement de l’Eucharistie auquel nous participons maintenant réalise ce que nous venons de découvrir. Si l’action du Christ nous sauve et nous transforme, elle est aussi le moyen par lequel nous rendons grâce de tout au Seigneur et lui rendons tous ses biens.

Abbé Denys Thouard

Lectures dominicales du 13 octobre