Juil 072018
 

L’exhortation apostolique du Pape François nous invite à voir la sainteté non pas comme un parcours élitiste et donc réservée à un petit groupe d’hommes ou de femmes, mais comme un chemin de grâce que tous doivent parvenir à emprunter.

« Pour être saint, dit le Pape François, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels. » (GE n°17)

Si nous devons tous devenir des saints, c’est que tous, nous sommes en mesure de le devenir ; non pas d’ailleurs parce que nous le pourrions par nous-mêmes, mais parce que Dieu nous donne d’y parvenir. C’est ainsi que la prière de saint Augustin pourra être comprise et devenir nôtre : « Seigneur, donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux ». Cela veut dire que personne, sauf s’il ne l’a d’abord voulu, ne pourra échapper à la grâce. Cela veut dire aussi que chacune de nos vies, des plus modestes aux plus prestigieuses, constitue le lieu propre où Dieu se révèle à nous et où il nous donne déjà de vivre de sa vie de Ressuscité. De la sorte, chacune de nos vocations particulières à la sainteté mène à l’unique sainteté, celle du Christ. Le Saint Père le rappelle particulièrement à ceux qui pourraient l’avoir oublié :

« J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. C’est cela, souvent, la sainteté ‘‘de la porte d’à côté’’, de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression, ‘‘la classe moyenne de la sainteté’’ » (GE n°7).

Alors ne remettons pas à demain une sainteté que nous pouvons avoir aujourd’hui.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 8 juillet