Juin 082018
 

Il est une fête qui, par son objet, nous rappelle d’une façon générale l’amour que le Verbe incarné nous a montré : c’est la fête du Sacré-Cœur.
L’Eglise, à la suite des révélations du Seigneur à sainte Marguerite Marie, clôt, pour ainsi dire, par cette fête, le cycle annuel des solennités du Sauveur, comme si, arrivé au terme de la contemplation de tous ses mystères, il ne restait plus qu’à célébrer l’amour même qui les a inspirés. Ainsi la dévotion au Sacré-Cœur est, d’une façon générale, le dévouement à la personne de Jésus lui-même, manifestant son amour pour nous et nous montrant son cœur comme symbole de cet amour.

Qui honorons-nous donc dans cette dévotion ? Le Christ lui-même en personne. Mais quel est l’objet immédiat, spécial, propre de cette dévotion ? Le cœur de chair de Jésus, le cœur qui battait pour nous dans sa poitrine d’homme-Dieu. Mais nous ne l’honorons pas séparé de la nature humaine de Jésus ni de la personne du Verbe éternel auquel cette nature humaine a été unie dans l’incarnation. Nous honorons ce cœur comme signe de l’amour de Jésus à notre égard : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Toute la dévotion au Sacré-Cœur est en germe dans ces paroles de Jésus.

Et pour montrer que cet amour avait atteint le suprême degré, le Christ Jésus a voulu qu’aussitôt après son dernier soupir sur la Croix, son cœur fût transpercé par la lance d’un soldat. Saint Augustin se plaît à relever l’expression choisie à dessein par l’évangéliste pour nous faire connaître la blessure produite par la lance au côté de Jésus mort sur la croix. L’écrivain sacré ne dit pas que la lance frappa ou blessa mais qu’elle ouvrit le côté du Sauveur. C’était la porte de la vie qui s’ouvrit, dit-il. Du cœur percé de Jésus, allait s’épancher sur le monde les fleuves de grâces qui devaient sanctifier l’Eglise. Cette porte d’où les sacrements de l’Eglise sont sortis, sans lesquels on ne peut avoir d’accès à la véritable vie. En contemplant le cœur transpercé du Seigneur nous contemplons à la fois la naissance de l’Eglise et le don des sacrements dont l’eau signifie le baptême et le sang le sacrement de l’eucharistie.

Dans ce moment de la mort où le Christ s’endormit sur la Croix nous pouvons faire le rapprochement de la naissance d’Eve sortant du côté d’Adam alors que Dieu avait fait tomber un mystérieux sommeil sur lui. L’Eglise, l’épouse du Christ naît de la blessure du Cœur et c’est dans l’amour miséricordieux qu’elle trouve son sens. Jaillis de la source, c’est à dire du plus profond du cœur du Christ, le Seigneur donne aux sacrements de l’Eglise le pouvoir de conférer la vie de la grâce, et à ceux qui ont déjà en eux la vie du Christ, Il donne à boire de cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 10 juin