Sep 282018
 


A bien écouter ce que déclare le Seigneur, il est étonnant que nous ne trouvions pas parmi nous plus de manchots, d’estropiés et de borgnes. Car enfin, il n’est point douteux que nous ayons tous été une fois ou l’autre entraînés à pécher par notre œil, notre main ou notre pied. Est-ce donc que nous n’avons pas le courage d’agir conformément à ce qu’Il nous demande ? N’est-ce pas plutôt que nous ne l’écoutons pas vraiment et que nous pensons que, comme tout ce qui a rapport avec la morale évangélique, Jésus hypertrophie les problèmes comme le faisaient tous les conteurs de son temps afin de nous bien faire comprendre son message. Car au fond, pensons-nous, Il ne nous demande pas un tel sacrifice, tout comme Il n’exige rien de ce que nous serions incapables de faire ? Enfin espérons…

Il est évident, même si parfois certains ont pu prendre au pied de la lettre son discours, que notre Seigneur ne nous demande pas de nous automutiler. Cela serait du masochisme et cela serait surtout à l’opposé de ce qu’il convient de faire. Dieu ne veut pas la mort du pécheur, pas plus sa mutilation, il souhaite simplement qu’il se convertisse. Et la conversion nécessite que l’on prenne les moyens pour y parvenir. Il est vrai que nous pouvons pécher de multiples manières, mais, en connaissant chacune des faiblesses de notre personnalité, nous découvrirons alors que certaines apparaissent comme dominantes. L’un pèchera plus facilement par son langage, un autre aura tendance à toujours regarder avec envie ce qu’il ne lui appartient pas ; ou s’emportera facilement devant une situation difficile. Nous avons tous en nous des tendances dominantes et il faut donc en faire le tour afin de mieux se connaître.

Dans un deuxième temps il s’agit ensuite d’éviter ce que les théologiens de la morale appellent les occasions de pécher. A celui qui ne peut s’empêcher de manger des éclairs au chocolat, il faut lui conseiller de choisir son itinéraire de telle sorte qu’il ne soit jamais amené à passer devant une boulangerie. A celui qui ne peut se retenir de regarder la télévision, il faut lui conseiller de ne pas mettre de téléviseur chez soi. Aux fiancés qui souhaitent vivre chastement leurs fiançailles en vue d’établir un mariage solide et durable, il faut leur conseiller de ne jamais se retrouver seuls la nuit dans une même chambre. Car « Qui aime le danger y tombera » dit l’Ecclésiastique.

Et quand donc il s’agit de lectures, de visites, de rencontres, de films auxquels on peut se soustraire sans inconvénients notables, il n’y a pas lieu d’hésiter. Au lieu de les rechercher, on les fuit comme on fuit un serpent venimeux.
Mais il y a des occasions qu’on ne peut éviter, ce sont celles qu’on rencontre chaque jour, en soi et en dehors de soi. Ces dernières ne peuvent être vaincues que par ce qu’on appelle la mortification et la prière.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 30 septembre