Mar 042017
 

Il faut d’abord vouloir prendre du temps. Pour faire le point, se retrouver soi- même. Prendre de la distance avec les habitudes de consommation. Voir la médiocrité des relations avec les autres. Juger les égoïsmes et les rancunes. Retrouver un certain désert une certaine solitude. Retrouver pourquoi nous existons, nos engagements et responsabilités, services. Quarante jours dit la Bible qui aime les chiffres ronds.

Des efforts aussi, il n’y a de joie qu’après un effort, un combat. Le jeûne est un signe de ce combat. La preuve physique d’un retournement de la volonté. Relativiser le bonheur de la nourriture et des autres plaisirs. Mais aussi une volonté de partage, un souci de l’autre qui a besoin de ce que j’ai en trop. Donc un amour volontaire et gratuit, au delà des bons sentiments.

Une remise en ordre qui doit apporter un certain bonheur. Le sacrement de pénitence en est l’expression normale. On vient se confesser, proclamer (c’est le sens du mot « confesser ») en Eglise la nécessité du « pardon » qui vient de Dieu, grâce même de Jésus mort pour nous et ressuscité. Dieu qui continue son œuvre de création en nous donnant la guérison avant la Sainte Eucharistie.

On peut rater son carême. En refusant ce temps donné, ou par inattention : les semaines passent si vite… ou en étant fier de prouesses. La réalité ne se mesure pas à la difficulté de ce que l’on a fait mais à l’amour avec lequel on l’a fait pour quelqu’un. Le Carême serait encore raté s’il était vécu sans réconciliation, dans l’oubli de ceux que nous côtoyons ou dans le refus de faire face à une douleur ou un échec.

Faut-il mieux valoriser le carême aujourd’hui ? C’est un signe très fort qui doit identifier les chrétiens en face d’un monde non chrétien. Il est indispensable au tissu social comme d’autres religions l’ont bien compris. Il doit montrer visiblement notre marche vers Pâques avec les catéchumènes que nous accompagnons. Le Carême comme une respiration profonde de l’Eglise, il nous faut le voir, le monter et le vivre.

Abbé George PERRIER

Lectures dominicales du 5 mars