Mar 252011
 

LE PEUPLE AVAIT SOIF. Ce n’est pas le léger inconfort que nous connaissons parfois, mais la soif insoutenable qu’on peut éprouver dans le désert. Le peuple éprouve ce manque d’une chose simple qui conduit pourtant à la mort. L’assoiffé finit par se réduire à sa soif.

Plutôt que de se tourner vers le Dieu qui les a fait sortir d’Égypte, qui leur a fait traverser la mer Rouge à pieds secs, qui pour eux a mis en déroute une armée, ils récriminent. Ils récriminent contre Moïse et, à travers lui contre le Seigneur. Ils ferment leur cœur.

Et pourtant, au milieu de ce peuple qui le tente et le provoque, le Seigneur est là. Il répond au cri de Moïse, il se met devant lui sur le rocher du mont Horeb. Il se fait notre Rocher, notre salut. Il en jaillira de l’eau et le peuple boira.

Cette femme de Samarie est bien étonnée que ce juif lui dise : « donne-moi à boire ». Elle est surprise au milieu de ses activités quotidiennes, aux environs de midi. Elle se sait réprouvée par les juifs, il est bien incongru que celui-ci lui demande quelque chose.

Et ses paroles deviennent de plus en plus déroutantes. Voilà qu’il veut lui donner de l’eau vive, lui qui n’a rien pour puiser. Il lui promet une eau inépuisable, une eau qui devient une source jaillissante. Le sens critique de la femme commence à s’émousser, elle ne comprend pas grand chose à ces paroles, mais la proposition d’eau courante lui parait intéressante.

C’est alors que Jésus éclaire la vie déréglée de cette femme aux cinq maris. Elle ne se sent pas accusée mais éclairée par la lumière bienfaisante de la Vérité. Elle reconnaît que ce juif est un prophète, elle apprend qu’il est le Messie. Elle laisse là sa cruche pour aller conduire les gens de la ville auprès de Jésus : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ».

Cette femme infidèle a reçu les prémisses de cette eau vive qui est l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Cette eau est gratuite, elle jaillit en tous les cœurs contrits, brisés et broyés, comme du rocher sec et dur de l’Horeb.

 

Abbé Armel d’Harcourt, administrateur

lectures du dimanche 27 mars 2011