Fév 152019
 

Ces paroles extraordinaires par lesquelles Jésus inaugure son enseignement évangélique, ces béatitudes étranges, presque paradoxales, qui s’opposent à toutes les idées courantes, aux instincts les plus profonds et les plus vivaces étaient propres à frapper l’attention, remuer les cœurs et susciter l’enthousiaste admiration des auditeurs. Accueillies avec ferveur et mises en pratique par les premières générations, elles ont vraiment transformé l’humanité. On peut dire qu’elles ont produit et nourri cette civilisation chrétienne dont nous vivons encore.

Et depuis, l’humanité, toujours en quête de progrès et sans cesse tourmentée par la fièvre de la nouveauté et du changement, loin de trouver quelque chose de supérieur ou seulement d’équivalent, s’est immanquablement fourvoyée chaque fois qu’au cours des siècles elle s’est affranchie du message chrétien contenu dans ces béatitudes évangéliques.

Car ces paroles que le Seigneur adresse à ses auditeurs sont pour leur indiquer la voie du bonheur, de la sainteté, pour leur dire comment ils pourront satisfaire l’aspiration la plus profonde, le besoin le plus essentiel de tout être humain. Ainsi, notre âme est saisie dès le départ dans ses fibres les plus intimes et placée devant ses aspirations les plus hautes, son bonheur véritable : heureux vous les pauvres, heureux vous qui avez faim maintenant, heureux vous qui pleurez, …. Le même refrain revient pour attirer les hommes vers le bonheur. Ce qui prouve, si besoin était, combien l’enseignement du Christ, tout en allant à contre-courant de la pensée du monde, est en fait profondément humain. Et à chaque béatitude, même si l’énoncé est différent, la fin demeure identique.

La fin, disait Bossuet, ce en quoi consiste le bonheur, est à chaque béatitude, car c’est partout la félicité céleste sous divers noms. Si ces béatitudes sont données à tous « à une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon », ce ne sont pourtant que ses disciples sur lesquels le Seigneur lève les yeux qui seront en mesure de les bien comprendre et d’en vivre.

Puissions-nous être toujours du nombre de ses disciples pour avoir le bonheur de vivre l’éternité durant de ses béatitudes.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 24 Mars