Mar 102012
 

L’imagination est pleine de l’iconographie chrétienne représentant le Christ, le fouet à la main, et les marchands en déroute. C’est donc une image propre à frapper l’esprit des gens qui se montre à nous dans l’Evangile de ce troisième dimanche de carême. Et ce d’autant plus qu’elle aurait pu apparaître lors de nos journées d’amitié de la semaine prochaine. Et cependant ce qui paraît le plus important dans la lecture de cette péricope, porte moins sur le marchandage effectué par les commerçants au sein même du Temple de Jérusalem que sur la personne de Jésus.
Par ce geste prophétique, nous sommes amenés à penser que le Seigneur chasse de la maison de Dieu tout ce qui est désormais inutile. Plus besoin de colombes, de bœufs et de moutons. La vraie, l’unique victime du sacrifice agréable à Dieu, c’est Lui. Le reste doit disparaître. Ainsi que le Temple. Nous sommes dans les derniers temps, le temps où le Messie se révèle au monde :  quel meilleur lieu que cet espace sacré où Dieu réside ! Car non seulement plus aucune offrande en dehors de Jésus ne sera nécessaire mais le Temple lui-même deviendra inutile. C’est Lui, le Christ, qui est la maison de Dieu, le lieu unique et universel, où chacun pourra dorénavant rencontrer Dieu. Il est ce Temple nouveau de l’Alliance nouvelle. Pour tous, il se constitue en sanctuaire.
Désormais, c’est par Lui, à travers son sacrifice offert sur la croix que trouveront place toutes nos offrandes. Et c’est avec Lui que nous saurons nous tourner vers le Père sans que les intérêts bassement matériels des hommes viennent obscurcir la relation filiale qu’Il vit en plénitude et à laquelle il convie l’ensemble de l’humanité. C’est en Lui, en Lui seulement, que se fait la rencontre avec l’authentique présence de Dieu.
Par ce geste prophétique, Jésus a voulu annoncer la puissance du ressuscité et faire pressentir le renouvellement de toutes choses. Il a balayé tout ce qui gênait l’authentique expression filiale. En sa personne, il remplace définitivement ce qu’il efface. C’est dans la célébration de la fête pascale qui s’approche que nous comprenons le pourquoi de ce coup de balai christique. Jésus est non seulement le Temple mais il est la Pâque.

Abbé Alexis de Monts

 

 Lectures dominicales du 11mars 2012