Sep 222012
 

Si nous avions demandé à Jésus et aux Apôtres où ils allaient, ils auraient donné la même réponse : à Jérusalem ! Mais en donnant cette réponse, pensaient-ils avoir le même but ? Parfois nous croyons être avec Jésus, penser comme Lui, être en communion avec Lui, mais ce n’est pas toujours vrai. Jésus allait à Jérusalem pour se faire petit, pour mourir, « car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem » (Lc 13,31). Alors que les Apôtres y allaient, pensaient-ils, pour devenir grands, pour le succès, car à Jérusalem il y avait le palais du roi, le Temple, le pouvoir, la gloire…Il y a là deux conceptions complètement opposées. Et nous, qui essayons de mener, tant bien que mal, notre vie chrétienne, sommes-nous sûrs de marcher vraiment avec Jésus ?

L’attitude des disciples reflète celle des hommes de tous les temps. Aujourd’hui, comme aux temps de Jésus, il est difficile de comprendre l’humilité. Les disciples, eux, discutaient sur celui qui était le plus grand, le plus digne, mais l’homme n’a vraiment pas changé : l’apparence, l’extérieur, le succès, ce que pensent les autres est plus important que la vie intérieure, les vertus, une bonne conscience, intègre et pure, devant Dieu. Et Jésus, avec une patience toute divine, continue de répéter : «  Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Il y a là une nouvelle logique qui nous vient de l’Evangile : le service et l’humilité ne sont plus considérés comme des faiblesses, des servitudes honteuses, mais au contraire commence qui caractérise le vrai disciple du Christ, même si aujourd’hui cela peut paraître anachronique.

Comment définir l’humble ? C’est celui qui reconnait sa propre faiblesse, celui qui, conscient de son identité de créature, a besoin de son Créateur, tout comme un enfant qui a besoin de ses parents. Nous sommes donc sur une fausse route si nous ne vivons pas dans l’humilité, cette petitesse que Jésus vit lui-même et qu’Il nous apprend. Mais ne confondons pas humilité avec manque de confiance. En effet, dire «  je ne sers à rien, je ne sais rien faire, je suis un raté, etc. », est de la fausse humilité, un découragement, une façon erronée de comprendre notre vie, de s’accepter soi-même et de comprendre les autres.

Chacun de nous, si petit soit-il, est un trésor inestimable, un don de Dieu, et n’est donc jamais inutile. Chacun de nous a reçu de Dieu, des talents qu’il faut connaître et faire fructifier. L’humilité nous rend grands, tout en nous faisant petits ! L’humble, dans sa patience et sa confiance en Dieu, ne fléchit pas face à la violence, aux vexations, aux adversités, et dans son apparente faiblesse il confond les orgueilleux. « En toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité ; appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par le lien qu’est la paix » (Eph.4,2).

Pour nous montrer sa pensée, Jésus met au milieu des Apôtres un petit enfant et nous le donne comme le modèle de celui qui doit entrer dans le Royaume des Cieux. Ah, comme j’aurais voulu être cet enfant que Jésus a embrassé ! Accueillir Dieu n’est-ce pas comme être embrassés par Lui comme un enfant ? Un enfant qui se sait petit et se sent aimé ? La tendresse de Dieu n’est jamais mièvre, car elle naît d’un amour total qui est allé jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix. Mais, cet Amour immolé qui s’anéantit, ne se laisse pas suffoquer par la mort, ne nous laisse pas dans le sépulcre du désespoir, mais nous rend la vie, nous renouvelle, nous guérit, nous donne l’espérance de la vie éternelle.

Marchons alors sur le chemin de notre vie en compagnie de Jésus, comme des enfants chéris donnons la main à notre maman, l’humble Vierge Marie : Notre Père Céleste nous y attend…

Don Carlo Cecchin

Lectures dominicales du 23 septembre